Histoire des Histoires

اثر سياوش اوستا" حسن عباسی   ABBASI David Hassan Siyavash AWESTA

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Histoire des Histoires

 

Une pièce comique inouïe et à voir

Les rôles :

* Le Roi Shush

* Le Vizir

* Le Pantin ( Adamak=Adam )

* La Huppe ( Pupak =Eve)

* Bil

* Ghil

* La poupée noire

* La poupée blanche

* Le vieil homme du bateau

* Le premier enfant du vieil homme

* Le deuxième enfant du vieil homme

* Le troisième enfant du vieil homme

* Frérot Abram

* Sara

* Le Roi

* L'émigrante (Hadjar)

* Dieudonné (Esmaiil)

* Souriant (Izhagh)

* Les figurants

* Les agents du maître

* Le Fripon (Louti- Homosexuel)

* Deux acteurs principaux

* Deux acteurs de second rôle

* Une actrice

* Six figurants et...

A certains moments, le spectacle s'accompagne du rythme du SANTUR et du ZARB...

 

Le roi est assis sur un trône et le vizir est à coté de lui.

Le roi Shush : Ce Pantin a-t-il encore suscité des émeutes dans la cité? A-t-il encore trompé les dames et les enfants de la cité? Qu'est-ce qui lui prend?

Le vizir: Sa majesté, c'est l'amour.

Le roi Shush : Quel amour?

Le vizir est stupéfait et étonné.

Le roi Shush : Tu ne sais pas ce qu'a fait le Sida à Sida ? Le Pantin va corrompre toute la cité, il vaut mieux l'exiler en l'outre-mer, dans le désert.

On fait entrer le Pantin et le roi Shush lui dit :

Le roi Shush : Tout le monde se plaint à ton sujet. Avec ce que tu as fait dans la cité tu as mis en péril l'avenir de notre civilisation, nous te laisserons dans un désert pour que tu y vives si tu arrives à survivre, sinon...

Le Pantin: Sa majesté! Que ferais-je tout seul dans le désert? Au moins, faites-moi accompagner d'une fillette, d'une jeune pour que je ne meure pas du chagrin de solitude.

Le roi Shush : Mais qui pourrait passer son temps en ta compagnie avec tout ce que tu as fait dans la cité.

Le Pantin: Sa majesté! La Huppe est une belle fille qui n'a pas encore vu d'homme dans sa vie.

Le roi Shush regarde son vizir et lui demande :

Le roi Shush : Qui est la Huppe?

Le vizir: C'est une orpheline de six ans.

Le roi Shush au Pantin: Bien, on te confie la Huppe.

Le vizir (ironiquement) : Sa majesté! Il vaudrait mieux dire qu'on le confie à la Huppe.

Le roi Shush : Mais toi! Le Pantin! Tu dois promettre de considérer cette fillette comme un enfant et de ne pas la vexer.

Le vizir: Sa majesté! N'auriez-vous pas évoqué comment il se comportait devant les petits et les grands? Comment pourrait-on lui faire confiance dans le désert lointain?

Le roi Shush parle à voix basse à l'oreille du vizir: Tu as raison, il vaut mieux qu'on le dévirilise.

Le vizir apporte une coupe du derrière de la scène et la donne au Pantin en lui souriant.

Le vizir: Bois un dernier verre de vin à Shush.

Et il dit doucement à l'oreille du roi :

Le vizir : Sa majesté! Ce vin va tout arranger et le transformera en une dame douce.

Le Pantin et la Huppe se voient dans le désert après quelque égarement.

Le Pantin s'approche de la Huppe mais, l'esprit inconscient, s'aperçoit de son manque d'envie à son égard.

Le Pantin se dit : Ne suis-je pas le Pantin capricieux de Shush ? Pourquoi le désir des femmes est-il mort en moi, surtout devant une telle beauté comme la Huppe?

Le temps passe et la Huppe grandit. Le Pantin vieillit un peu. Cette fois-ci, la Huppe qui s'approche du Pantin mais il s'enfuit et se dit :

Le Pantin : Que m'a donc fait le dieu de Shush pour me faire perdre ma virilité?

La Huppe s'approche du Pantin et lui dit avec minauderies :

La Huppe : Je n'ai que toi dans ce désert aride alors pourquoi t'éloignes-tu de moi?

Le Pantin semble chercher à justifier son impuissance :

Le Pantin : Ne sais-tu pas que j'ai promis au dieu de Shush de ne rien faire avec toi? Je ne peux pas faire le contraire.

La Huppe, triste et malheureuse, se réfugie dans un coin. Soudain, elle sent une main noire et poilue sur son épaule. Elle se tourne et regarde la main; c'est un homme noir et grand. Au début, la Huppe a peur mais, après quelques instants, tombe dans ses bras et couche avec lui.

La Huppe, qui a plus envie du Pantin que du noir, parle franchement du problème du Pantin. Le noir donne une plante à la Huppe et lui demande de faire avaler un peu du jus de cette plante au Pantin; ainsi, il retrouvera sa virilité au bout d'un an.

Au bout d'un an, le Pantin est rétabli, mais la Huppe est enceinte du noir.

Le premier enfant de la Huppe est une fille noire et, quelques mois plus tard, elle a un enfant basané du Pantin.

Le Pantin, qui comprend que le dieu de Shush avait monté un coup pour lui faire perdre sa virilité, se fâche méchamment contre lui et dit en criant :

Le Pantin : Maintenant je dois penser aux enfants. Après les deux premiers descendants, nous devons faire d'autres enfants pour établir une génération et nous venger du dieu de Shush et des Shushiens. Je lui enferai voir de toutes les couleurs ainsi qu'à son peuple. Je chamboulerai son Histoire et lui causerai des histoires, je ferai de telle façon que tous ses honneurs et toute sa civilisation soient reconnus comme les miens et ceux de mes enfants, de telle manière que je sois l'aube et le commencement de toute chose. (ironiquement) Tu verras salopard ce que je ferai de toi, ton histoire et ton peuple...

La Huppe met au monde deux autres enfants (un garçon et une fille).

Le Pantin dit à ses quatre enfants :

Le Pantin : Multipliez-vous comme vous le pouvez, il faut que nous soyons nombreux.

Le garçon basané dit au père :

Le garçon basané : Papa, je ne veux pas de cette poupée noire, la blanche est la mienne.

Le Pantin : Peu importe la blanche ou la noire, vous êtes quatre, débrouillez-vous comme vous le pouvez, je veux cette descendance pour montrer au roi de Shush de quel bois je me chauffe.

(le ton du Pantin est un peu ironique)

Les deux fils du Pantin, Bil et Ghil, se battent pour s'emparer des poupées noire et blanche et Ghil tue Bil en lui donnant un coup de pierre à la tête.

Ghil : Maintenant la noire et la blanche sont à moi! De toute façon, il faut bien que certaines choses changent dans la vie.

(le ton de Ghil est comique)

La descendance du Pantin se développe. Les enfants, les hommes et les femmes entrent continuellement sur la scène d'un côté et sortent de l'autre. La scène prend l'aspect d'une rue pleine de piétons et de passants.

De temps à autres, on aperçoit une bagarre, un vol, quelqu'un qui tombe, on entend une insulte. Tout cela dure trois minutes et, soudain, au milieu de la scène, apparaît un homme portant une grande barbe blanche. Tout le monde sort pour le laisser seul.

- Ah! Cher grand père, le Pantin! Où es-tu pour voir ta descendance? (ton comique) Viens voir! C'est la pagaille, tout est pêle-mêle, c'est du n'importe quoi, c'est le foutoir, il y a toutes les couleurs.

Je suis fatigué de ta descendance, je ne la supporte plus. Quand je dois intervenir dans leurs conflits, il n'y a plus personne pour intervenir dans les désaccords que j'ai, moi, avec ma femme. (ton comique)

Une femme entre sur la scène, prend le vieux par la barbe et le traîne vers le derrière de la scène.

- Allez viens! Jusqu'à quand veux-tu rester dans ce foutu coin pour juger les différends de ces sauvages? Remue-toi et viens ici pour t'occuper de moi un peu. Le salaud! Si tu ne remplis pas tes obligations familiales, auprès de qui porterais-je plainte? (ton comique)

Noétte : Que dieu nous protège! Quelqu'un va encore s'ajouter à la descendance confuse de mon cher grand-père.

Le tonnerre et les signes d'une tempête apparaissent... le vieil homme entre sur la scène et crie:

- Le fléau arrive, le fléau arrive, le monde va se noyer. Il faut construire un bateau et y réunir un couple de tout animal... les enfants! Levez-vous et apportez du bois, des planches et des cordes...

Au bout de quelques minutes, on entend le bruit de la pluie, de la tempête et le tonnerre. La scène s'illumine. Le vieil homme, à moitié nu, est tombé dans un coin de la scène, trois garçons entrent sur la scène et l'un d'eux dit :

-         Regardez papa!

Les deux autres enfants sortent de l'autre coté de la scène, mais le premier enfant reste à coté de lui, passe sa main sur le visage et la tête de son père et dit d'un ton féminin:

- Papa, qu'est-ce que tu étais bon et nous l'ignorions! J'adore ton corps masculin, il fallait qu'il y ait de la tempête et des ravages pour que je découvre cet être svelte.

La scène s'assombrit et, quelques instants plus tard, s'illumine. Le garçon se lève, serre la corde de son pantalon et dit à ses deux autres frères, toujours de son ton féminin :

- Vous ne savez pas quel bon idole est papa. Ah bon dieu! Je viens d'obtenir ce que je voulais...

Son autre frère lui coupe la parole et se dirige vers le père. Le père, qui éprouve toujours les mêmes sentiments qu'il y a quelques instants, tient le cou de son garçon et, alors que le fils habille son père, ce dernier dit :

- Mon chéri, où étais-tu? Reste avec moi, bois avec moi ce vieux vin, pour faire une fente dans la voûte de l'univers et créer une nouvelle génération (le ton du vieil homme ivre est comique)

- Apparemment, ça t'a plu à toi aussi, peut-être que as-tu aussi fait de nouvelles découvertes! ?

La scène s'assombrit et s'illumine. Le vieil homme est assis au milieu de la scène et tous ses enfants sont debout derrière lui. Le petit fils avec qui il a ... est derrière le père et fait constamment des gestes et, à l'instar d'un coiffeur, joue avec les cheveux et la barbe de son père. Les autres le regardent bizarrement et il y en a certains qui aiment ses actes et semblent être comme lui, le vieil homme commence à parler:

Noétte : Cher papa, cher Pantin, où es-tu pour voir cette descendance? Quelle descendance! Que dieu la loue, nous sommes devenus tellement nombreux que nous dépassons à présent les habitants de Shush. En plus, ce n'est pas fini, cher grand-père! Nous voulons aller leur écrire l'histoire, les instruire, leur apprendre, qu'est-ce qu'on en sait, peut-être que nous changerons leurs rites et leur idéologie et les convertirons à notre religion.

Le vieil homme se lève et, alors qu'il dit les derniers mots de sa phrase, passe sa main sur la tête et le cou de son enfant cadet et en fait autant avec sa cadette, répondant tous les deux avec manières et mignardises.

La scène s'assombrit et s'illumine. Les décors du désert de même que d'une montagne sont visibles sur le mur.

Du coté droit de la scène, entre un jeune et, en même temps, une jeune fille vient vers lui.

- Chère Sara, que je te sois sacrifié, que je meure pour tes lèvres, que je sois tué pour tes yeux, quand soigneras-tu mon mal, quand réaliseras-tu mon désir, tu m'as tué sœurette.

- Frérot Abram, Hâ, que tu périsses! Pourquoi ne vas-tu pas chercher tes nièces, les enfants de ton oncle, de tes tantes? Je suis ta sœur...

- Et je suis toujours disponible pour toi (ton comique)

Entre temps, le courant passe entre eux et... ils couchent ensemble. A la fin :

-Frérot Abram, quel acte merveilleux tu as fait! Quel sucre doux tu ait! Tu étais si doué et ne disais rien...

- Tu n'as rien vu sœurette, nous commençons seulement notre tâche, il faut que nous créions une génération qui bâtira le monde!

- Que je sois sacrifiée pour ton genre et ta génération, que je sois sacrifiée pour ton regard et tes toisons!

- Qui sont les enfants de l'oncle, qui sont ceux de la tante, tu es indispensable chez nous. Que les autres aillent au diable...

En ce temps commence une danse accompagnée des activités relevant de la culture et de l'élevage. Quelques autres entrent sur la scène.

Après quelques instants, la musique s'arrête et le frérot Abram parle avec un étranger.

Le frérot Abram : Incroyable, tu es sérieux? Il donne des vaches mais aussi des chameaux, des pistaches et des amuse-gueule!

L'étranger: Mais oui, avoir de belles filles ou de belles sœurs c'est une chance dans ce pays-là. En plus, des gens amènent leurs filles et leurs sœurs d'autres pays pour obtenir des biens et de l'argent.

- Et les belles femmes? On peut espérer quelque chose avec de belles épouses?

- Pourquoi pas, c'est bien possible, seulement, on coupe la tête du mari et on s'empare de sa femme. Parce que ce roi, c'en est un vrai et il a beaucoup de principes. Il ne fait rien avec les femmes mariées si leur mari n'a pas encore été tué.

Frérot Abram : Donc il faut qu'on apporte sa fille et sa sœur!

- Oui, cher Frérot Abram.

Abram se dit :

- Qu'est-ce que je suis bête! Je n'avais qu'une soeur, que j'ai épousée, et cette épouse ne m'a pas donné d'enfants, ni de garçon ni de fille.

Entre-temps, il lui vient une idée et il se retourne soudain, tout en étant très gai et souriant. Il va vers son épouse.

- Chère Sara, Chère Sara!

- Oui, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui se passe?

- Fais les bagages, on va partir en "Holidays"!

- Quoi? Qu'est-ce que c'est que "Holidays" ?

Frérot Abram : Ah... "Holidays", c'est un mot qui n'a pas encore été crée, c'est-à-dire qu'on va aller se promener un peu pour prendre l'air.

Sara : Et qu'est-ce qu'il a l'air d'ici ?

- L'air d'ici n'apporte pas de vaches, de brebis, d'ânes, d'ânesses, de valets, de servantes...

- On s'en fiche qu'il ne les apporte pas, moi, je t'ai et toi, tu m'as (avec minauderies)!

- Et baht, c'est ça, je veux te dépenser pour nous.

- Quoi, quoi, me dépenser?

- Oui, ma chérie, de l'autre coté de la montagne, ce nouvel arrivé disait : "il y a un roi qui considère et apprécie beaucoup les belles dames blondes aux cheveux frisés",

- Qu'il les apprécie, ça ne nous regarde pas.

- Frérot Abram : ça nous regarde, il prend de belles femmes comme épouses pour une soirée et ensuite donne beaucoup de vaches, chameaux et brebis au père ou au frère des femmes.

-Oui, mon cher, mais nous n'avons ni fille ni sœur.

- Frérot Abram : Hop, là! Et toi? Qu'est-ce que tu es ? Ma chérie, je vais te faire passer pour ma sœur et je prendrai des vaches, des chameaux, des ânes, des valets et des servantes.

- Et que deviendrai-je?

- Frérot Abram : C'est clair, tu seras l'épouse du roi et auras tous ses biens. Je prendrai "mon pied" et tu trouveras des plaisirs dans les bras du roi.

Sara regarde stupéfaite Frérot Abram parler.

La scène s'assombrit et s'illumine et Sara est prête à coucher avec le roi dans le palais. A la fin de l'acte, le roi boit un verre. Sara fait un petit sourire, comme si elle avait mis quelque chose dans sa coupe... le roi tombe à terre et Sara se lève joyeusement et s'enfuit du palais...

Changement de scène. Frérot Abram s'amuse avec une fille et on entend le bruit des vaches, des chameaux et des ânes et... Sari s'approche d'Abram, celui-ci est soudainement étonné de la voir et demande :

- Sara! Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Qu'est-ce que je fais? Salaud! Tu penses que je vais te laisser t'amuser avec les vaches, chameaux, brebis et ânes que tu as obtenus grâce à moi alors que je reste prisonnière de ce maudit lieu?

- Mais quelle prisonnière, tu es la femme du roi...

Sara l'interrompt.

Sara : Quelle femme du roi? Il en a quelque milliers comme moi, mon tour viendra tous les quatre ans, en plus, chaque jour il y en a dix, vingt nouvelles qui s'ajoutent.

Elle écarte la fille qui est dans les bras d'Abram :

- Vas t'en, vas t'en, la maîtresse de maison est revenue.

Et Sara se jette dans les bras d'Abram.

Frérot Abram continue de coucher et avec la fille et avec Sara jusqu'au jour où Sara s’aperçoit du fait que la fille est enceinte.

Sara : Qu'as-tu dans ton ventre? Pourquoi est-il gonflé?

- Il est gonflé, il est gonflé!

- Qu'est-ce qu'il y a dedans?

- C'est un âne, comment peux-tu l'ignorer, il y a un bébé.

- Un bébé?

- Mais oui, ma chère.

Sara masse son ventre et se demande:

- Mais moi alors, pourquoi pendant toutes ces années mon ventre n'a-t-il pas gonflé?

La fille fait des mignardises, rit et quitte joyeusement la scène.

La fille donne naissance à un garçon. Sara, triste et plein de chagrin, s'est retirée dans un coin. Frérot Abram essaye de la réconforter en vain...

Dans l'autre bout de la scène la fille joue avec son garçon et chante pour lui :

- Ah, le fiston huppé, de ce coté-ci, de ce coté-ci, tu es venu ici, dans le ventre de maman! Mais ceux-ci, ces vieux, ces sorciers, ont de fausses idées! Ce vieux ne sait rien faire! Tu es l'enfant de l'autre coté! Tu es l'enfant de l'autre coté! Un jour on ira chez ton papa, avec tes minauderies et tes chichis...

Sara, qui écoute en cachette la chanson de la fille, comprend qu'elle était enceinte d'une autre personne avant de coucher avec Frérot Abram, elle réfléchit... et comprend que le problème vient de Frérot Abram et qu'il est possible qu'elle puisse tomber enceinte de quelqu'un d'autre. Après quelques instants de réflexion, elle va vers l'autre bout de la scène en courant...

Le Fripon est en train de s'enivrer avec ses deux filles et ses deux garçons lorsque Sara entre en soufflant et lui chuchote quelques mots.

Le Fripon dit : N'y pense pas, j'arrangerai le coup.

Le Fripon fait ses deux fils se lever et leur murmure quelque chose à l'oreille. Soudain, on entend les tumultes des gens et leurs cris:

Le Fripon est honnête, le Fripon est malhonnête.

Le Fripon demande aux gens:

- Que voulez-vous ?

Les gens disent : Ces deux créatures (le ton des hommes est féminin)

Le Fripon met sa main sur les têtes des jeunes et, en les caressant, dit :

Laissez-moi avec ces deux chers anges, pourquoi me vexez-vous?

Les gens : ça suffit pour toi, c'est notre tour.

Le Fripon prend la main de ses filles et les jette vers les gens en disant :

Prenez ces belles et charmantes filles et laissez-moi avec ces deux anges célestes.

Les deux jeunes veulent faire un bisou d'adieu au Fripon et, à ce moment-là, quelqu'un dit à l'oreille du Fripon :

- Ce volcan va jaillira demain et brûlera toute la ville. Quitte la ville ce soir et donnons-nous rendez-vous demain dans les tentes de Frérot Abram.

La scène s'assombrit et s'illumine. Sara est au milieu des deux beaux jeunes hommes en train de s'amuser et de rire. Frérot Abram, devenu très vieux et décrypté entre sur la scène. Sara s'arrange et les deux jeunes serrent la ceinture de leur pantalon de manière qu'Abram ne s'aperçoive pas. Abram dit :

- Chère Sara, qui sont ces jeunes?

Sara se faufile dans un coin et les deux jeunes avancent, l'un d'eux bégaie et l'autre dit sévèrement :

- Nous sommes les envoyés de ton maître.

- Mon maître?

- Oui, celui qui t'a tout donné!

Frérot Abram : Qui? Ce roi qui a épousé Saria et... ?

- Non, mon cher, le grand maître! Celui qui domine tout et...

Les gens n'acceptent pas et tirent les deux jeunes hommes vers eux-mêmes.

Abram, qui a l'air de venir de comprendre, dit :

- Ah, oui, ça alors, bienvenus, venez vous asseoir, venez pour que je vous lave les pieds, que je vous nourrisse, vous m'apportez de la gaieté! Comme le maître a pensé à moi!

- Nous sommes venus t'apporter une bonne nouvelle!

- Une bonne nouvelle? Laquelle?

- Celle d'un enfant.

- D'un enfant, mais j'ai déjà un enfant, vous n'avez pas vu Dieudonné, c'est un jeune homme charmant.

- Si, mais il est né d'une servante, tu auras un enfant de Sara.

- De Sara? C'est impossible. Nous n'avons rien pu faire quand nous étions jeunes. Maintenant je suis vieux et cassé, ce n'est pas possible.

L'autre jeune regarde malicieusement Sara et murmure doucement :

- Tu es vieux et cassé mais cette beauté est à l'aube de sa jeunesse.

L'autre jeune lui donne un coup pour lui signifier de se taire et continue :

- C'est le souhait du maître, de la même façon que cette servante enfanta, il en sera ainsi pour Sara. Oui, l'année prochaine tu auras un enfant.

Abram est calme et murmure :

- Comme il m'a encore intrigué ce maudit maître!

Sara, repliée dans un coin, rigole.

Abram la regarde et demande :

- Comment est-ce possible?

- Comme je te l'ai dit, cela relève de la décision du maître et tu sais que tout ce qu'il veut se fait.

Le jeune met sa main sur l'épaule d'Abram et dit :

- Abram, lève-toi et prends soin de ton épouse. Appelle son enfant Souriant pour que sa descendance soit toujours joyeuse et souriante et que tout soit à leur souhait.

Avec la naissance de l'enfant de Sara, la rivalité entre deux femmes s'accentue et Sara demande à Abram d'éliminer son autre enfant Dieudonné.

Saria : Tout ce que tu as, c'est grâce à moi grâce à ce soir où je suis devenue l'épouse du roi. Tout cela doit donc appartenir à mon enfant et non à une étrangère.

Abram, qui est vieux et cassé, jette un regard sur Dieudonné, prend sa main et va vers la montagne.

Dieudonné.. où allons-nous papa?

- Au sommet, mon fils.

 - En chemin, le vieil homme tombe à terre à plusieurs reprises. Dieudonné tient sa main et l'aide à avancer. Ils arrivent à un rocher et le vieux dit :

- On est fatigué, reposons-nous un peu.

Il demande à son fils d'aller dormir sur le. rocher et dort, lui-même, en bas. Quelques instants plus tard, lorsque le garçon s'est endormi, il se lève, sort son grand couteau et l'approche de la gorge de Dieudonné pour le tuer. Le garçon s'éveille brusquement et tombe du rocher.

... Papa! Que fais-tu ?

Le vieil homme dit honteusement :

- Pardonne-moi mon fils, en rêve le maître m'a demandé de te décapiter pour le satisfaire...

- Chère papa, qu'est-ce qu'il est perfide le maître! Lui, il ne comprend pas, mais toi, qui comprends, ne dois pas l'obéir.

- Ah, mon fils, ce n'est pas la première fois que je me laisse tromper par le maître.

Il se tourne et continue :

- C'est ce maître même qui m'a dit que j'aurais un autre enfant nommé Souriant et c'est lui qui a dit...

Le garçon vient vers le père, le prend par le bras et l'amène vers la maison.

La scène montre Sara et Frérot Abram qui se disputent et on entend une musique vive...

Soudain la dispute et la musique s'arrêtent et Sara dit :

- Hier soir j'ai rêvé que le maître me disait qu'il serait bien que Frérot Abram amène ce garçon avec sa mère dans le désert et les laisse là-bas se débrouiller comme ils peuvent là-bas. Car je ne permettrais jamais que ce garçon et sa mère héritent de mes biens...

Abram réfléchit et, quelques instants plus tard, prend la main de Dieudonné. En compagnie de la mère de celui-ci, ils sortent de la partie droite de scène. Sari tient son enfant dans ses bras dans la partie gauche de la scène.

Abram dit à la mère de Dieudonné :

- Ma chérie! Tu as un voyage à faire, tu as toujours été une voyageuse! On t'a amené d'un coté à l'autre de la montagne, de là, tu es venue ici, et maintenant tu dois

faire un nouveau voyage. Il serait bien de t'appeler l'Emigrante au lieu de Servante. Ah, quel idiot, pendant toutes ces années je ne t'ai jamais demandé ton prénom! Toi et Dieudonné, descendez dans cette vallée et créez des descendants comme l'ont fait nos chers ancêtres le Pantin et la Huppe et domestiquez la moitié du monde. Dans l'autre moitié, cet enfant Souriant, sa mère et leur maître qui, à chaque fois qu'il y a un problème, vient à leur secours, vont créer une autre génération pour ensemble influencer tout l'univers.

Mes fils doivent s'emparer de la civilisation de Shush et de celle d'Auon, ils doivent s'emparer de l'or, des bijoux et de tous les chevaux, vaches, brebis et belles filles et déterminer un nouveau sort pour tout le monde. On doit faire oublier tous les contes et partout parler du mythe du Pantin et de la Huppe.

L'Emigrante dit avec mignardises, prenant la main d'Abram :

- Cher Abi! Tu sais, nous allons périr de faim et de soif dans ce désert!

- Non, ma chérie, non ma beauté, non ma basanée, j'ai tout prévu. Là-bas, il y a une fontaine qui a une eau fraîche, je vais aussi bâtir une maison au nom du maître et puis, moi-même et le Fripon donnons ton adresse à toutes les caravanes pour qu'elles séjournent là-bas (ces derniers propos sont tenus de manière rythmique et comique)

- Dis, s'il te plaît, que feront-ils de moi?

- Ma chérie, épouse-les, épouse-les. Viendront les hommes grands, les cavaliers chevaleresques, les hommes d'ici, ceux de là-bas. Réponds à tous, pense à notre descendance, les générations qui envahiront le monde, les générations variées et de toutes les couleurs, mais fais-les toutes passer pour ma propre descendance.

L'Emigrante : Cher Abi, pour ta descendance ou celle du Pantin?

Frérot Abram : On s'en fiche du Pantin, maintenant il s'agit de moi et de ma famille, moi et ma descendance, moi et mon désert, mes braves enfants. S'il Y a une descendance, c'est la mienne. Il y a mes rites, mon chemin et ma tradition.

L'Emigrante danse et chante :

- Ainsi le monde est en notre faveur, le monde est en notre faveur, l'histoire du monde est ainsi, mon enfant est dieu chéri, il est le guide de celui-là et de celui-ci!

Frérot Abram tourne sa canne au-dessus de sa tête et chante :

- Le monde est en notre faveur, la vie est en notre faveur! De l'autre bout du monde, Souriant et sa mère triste m'ont emmené des taureaux et des rôtis, ce bout du monde c'est toi, le règne de notre cité, tu épouses le monde entier, fais attention à ne pas être trop chère, notre tarif est assez élevé, comme le sucre de Qom.

L'Emigrante : Quoi, quoi?

- D'Isphahahn

L'Emigrante : Quoi, quoi?

- De Kashan

L'Emigrante : Quoi, Quoi?

- Le diamant de l'Afrique, l'or de l'Amérique.

L'Emigrante : Quoi, quoi?

Frérot Abram :

- Il n'y a pas de quoi. Je parle de demain où tout cela sera à nous et à nos enfants! J'ai confiance en Souriant avec la mère qu'il a mais je ne sais pas ce que tu vas devenir.

La scène s'assombrit et Frérot Abram est à coté de Sara et Souriant et il chante en dansant :

- L'autre bout du monde c'est lui, dans ce bout-ci c'est nous! Le monde est en notre faveur, la vie est en notre faveur!

Celui qui ne le sait pas, qu'il le sache maintenant! Frérot Abram est notre roi!

Le monde entier est de l'or, l'or de la Ville de Shiraz est dans mes mains et dans nos mains.

Dans toute ville ou compagne, Frérot Abram est roi. Frérot Abram est roi, il est le roi des rois

De là-bas jusqu'ici, mon cœur tient la distance.

Laisse tomber les distances et viens nous voir, nous et nos pouvoirs.

L'autre bout du monde c'est lui, dans ce bout-ci c'est nous! Le monde est en notre faveur, la vie est en notre faveur.

FIN