FEMMES et GUERRES en ISLAM POLITIQUE  

 David Hassan ABBASI

Siyavash AWESTA

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Clergé en Islam

  Concernant le clergé en Islam c’est à dire les chefs religieux en Islam, cela n’existe pas. N’importe quel phénomène, quand on veut l’analyser historiquement, il faut remonter à sa source. Hors, à cette source, dans l’Islam, une couche indépendante du peuple et qui se nommerait clergé musulman n’existe pas. Bien sûr, le mot clergé est utilisé pour l’église catholique mais pour les musulmans, dans chaque pays il y a des normes différentes pour les chefs religieux. Dans certains pays, ils disent Imam, dans d’autres, disent Mofti. Plusieurs pays comme l’Iran ou le Liban ils disent « Ayattollah », suivi du  « Saghatoleslam » et du « Hodjatol islam ». De même, on dit en Afrique : marabout c’est à dire que les marabouts d’Afrique sont aussi des gens qui ont prit le Coran et l’ont étudié dans les écoles coraniques. C’est une sorte de clergé musulman qui existe en Afrique. Mais dans l’origine de l’Islam, après le prophète, il n’existe rien. Après sa mort, il y eut un conseil réunissant ses amis, qui a été fondé tout de suite et ils ont choisit Abou Bakr comme successeur de Mohammed. Après Abou Bakr, ce fut Omar, puis Osman, puis l’Imam Ali qui était aussi le gendre du prophète de l’Islam. Mais ici, j’attire votre attention sur une importante question, à savoir l’histoire de la naissance du chiisme.

  LE  SHIISME

  Le shiisme, en Iran, au Liban, en Irak, au Pakistan, en Afghanistan et peut être un peu en Syrie, Tadjikistan, Turquie… qu’on appelle shiite ou alévite, est une partie de musulmans qui ne croient pas aux trois califes. Ils disent qu’après le prophète d’Islam Mohammad, c’est Ali, son gendre qui devait devenir le chef. Aussi, n’acceptent-ils pas les trois précédents : Abou Bakr, Omar et Osman. Ils disent que c’est Ali qui a toujours été le chef. Et voilà pourquoi, on lui donne le titre d’Imam.

  IMAM

  Que veut dire Imam ?

  D’abord , les shiites :

Le shiisme a commencé après la mort d’Ali, 4ème calife musulman succédant au prophète. Ce sont surtout les Iraniens qui l’ont créé et ils ont imité le système de monarchie propre à leur religion où quand le roi décède, son fils aîné prend sa succession. Alors, chez les shiites, le premier Imam (le roi et chef) est Ali, ensuite c’est son fils Hassan, puis une exception. C’est à dire qu’après Hassan, ce n’est pas son fils qui devint chef mais son frère, Hossein, le 2ème fils d’Ali. Ensuite, les enfants de ce dernier lui ont succédé les uns après les autres.     Pourquoi les Iraniens, par le shiisme, n’ont pas accepté les enfants de Hassan comme successeurs ? C’est une question assez intéressante à étudier…

  Mais avant de vous expliquer l’histoire de Hossein et de son frère Hassan, je vais vous définir le mot Imam.

  En arabe, ce mot signifie : celui qui est devant. Quand on fait la prière dans les mosquées, il y a toujours quelqu’un devant et les autres font leur prière derrière lui. Celui qui est devant, qui gère ou qui dirige la prière est nommé Imam. Cet Imam n’a aucun privilège, ni aucun avantage par rapport aux autres, puisque n’importe qui parmi les hommes en train de faire leur prière peut se mettre devant et devenir Imam. La plupart du temps, c’est quelqu’un de différent qui prend cette place. C’est à dire faire la prière en groupe avec une personne devant, est une tradition musulmane qui existe depuis toujours dans les mosquées. Et celui qui est devant pour diriger la prière, nommé « Imam djemaat », c’est à dire Imam avec les gens derrière lui n’a aucun avantage par rapport aux autres. Tous sont égaux. Mais les shiites ont pris ce mot d’Imam et l’ont transféré en synonyme de leader ou plutôt roi, c’est à dire le chef. Cela concernait le chef de la mosquée, c’est à dire celui qui gère les prières et qui n’est pas fixe.

Chaque fois que vous faites votre prière, vous pouvez changer d’Imam, toutes les personnes qui sont derrière peuvent passer devant chaque jour. Mais le shiisme a pris ce mot et l’a transféré en politique disant que Imam signifie le chef politique dans l’Islam.

  Chez les musulmans sunnites, il y a également 4 branches différentes : -hanbalite, chafiite, hanafite et malekite. Chez les shiites aussi, il y a plusieurs branches : comme les alevites, qui croient en Ali mais ne croient pas aux trois autres successeurs de Mohammed.

  Les musulmans shiites, en Iran surtout, ont 12 chefs, 12 leaders, Imams.

Dix personnalités qui, les unes après les autres ont succédé a leur père, sauf Hassan, dont les enfants n‘ont pas hérité du pouvoir politique et religieux. C’est son frère Hossein qui lui a succédé.

Pourquoi cette exception ? Hassan était le neveu du prophète de l’Islam et le fils de l’Imam Ali. Il est le 2ème Imam. Après la mort du prophète de l’Islam, il y avait toujours une guerre de pouvoir parmi ses cousins.

Cette guerre se poursuivit avec la famille du cousin du prophète de l’Islam qui s’appelait Abu Sufyan, à travers son fils Moavié qui prit lui aussi le pouvoir.

Ce dernier était un gouvernant des califes, qui gouvernait en Syrie.

Il faut préciser que trois califes des successeurs de Mohammed furent assassinés. Le 2ème calife, Omar, fut assassiné par un groupe d’Iraniens composés de chefs d’armée et de militaires iraniens ravalés à l’esclavage à la suite d’une guerre. Le 3ème calife, Osman, fut tué par des mouvements de contestation venant des pays que l’on appelle actuellement Egypte et Syrie et se dirigeant vers l’Arabie Saoudite pour attaquer et tuer ce 3ème calife. Le 4ème calife, Ali, chef des shiites a aussi été assassiné pendant qu’il faisait sa prière.

Le terrorisme existait déjà dès les premiers temps de l’Islam.

Osman, le 3ème calife, avait nommé son cousin, Moavié comme gouverneur de Shaam, c’est à dire la Syrie. Mais lorsque l’Imam Ali passa chef, il eut des problèmes avec Moavié. Il demanda à celui-ci de démissionner et de quitter le pouvoir. Moavié refusa, donc une guerre en résultat entre eux deux.

Cette guerre est nommée Seffein.

  L’Imam Ali, 4ème successeur du prophète de l’Islam, entreprit le premier les guerres fratricidesentre les musulmans.

Il mena 3 grandes guerres. L’une contre la femme du prophète de l’Islam, Aïchéh. Ali gagna cette guerre. Deux des grands amis du prophète de l’Islam, Talhé et Zobehr, étaient les généraux de l’armée de Aïchéh, qui avait 9 ans lors de son mariage avec le prophète de l’Islam….

L’Imam Ali fit ensuite une guerre avec Moavié a Sefeiin. Personne ne remporta cette guerre. Ils vont donc faire une médiation pour choisir un seul chef, puisqu’il y avait Ali d’un coté et Moavié de l’autre.

Chacun prétendait à être chef de tous les musulmans…. Ali perdit cette  médiation !! mais il ne l’accepta pas !!

 

 La 3ème  guerre était la guerre avec Khavardj, c’est à dire les dissidents.

Les fidèles de Imam Ali lui demandent pourquoi il n’avait pas pensé qu’il pouvait perdre alors que c’est un sage et un Imam !!. Ils lui ont demandé pourquoi Dieu ne tu l’avait pas aidé contre Moavié…

  Ali commence alors à massacrer ces gens. En d’autres termes, ils retourne la guerre contre une partie de sa propre armée…

  Ali retourne chez lui et pendant sa prière, un matin, il est attaqué par derrière à la mosquée et tué lui aussi…

      Mais concernant Hossein et Hassan, Hassan était le plus âgé. Après l’assassinat de Ali, Moavié, son cousin, qui gouvernait la Syrie se proclama chef de l’Islam, Amiralmomenin. Hassan le conteste et une guerre se déclenche entre les deux. Moavié fait une proposition à Hassan en lui proposant tout : argent, femmes et respect en échange du pouvoir politique. Hassan accepte. Mais Hossein, son jeune frère, va s’y opposer ainsi que beaucoup d’autres chefs militaires.

  Ils disent ne pas vouloir céder et entendent même au besoin, faire la guerre. C’est là que les problèmes commencent. Il accepte la paix avec Moavié. Mais puisqu’il avait beaucoup de femmes, il fut empoisonné par une de ses femmes et mourut. Après son décès, son frère le remplaça sans accepter le pouvoir de Moavié désigna son fils Yazid comme successeur. Hossein entreprit une guerre et partit avec sa famille de l’Arabie jusqu’en Syrie afin d’attaquer son cousin Yazid.

Il y avait beaucoup de tribus qui ont proposé leur aide mais lorsqu’il arrive, personne ne va réellement l’aider. Dans la ville de Karbala, en Irak actuel, il y eut une petite bataille car Hossein n’avait que 72 personnes contre une grande armée dont le chef était son oncle. Ce dernier va tuer Hossein et ramener sa tête à Yazid. Mais voilà qui provoque le courroux de Yazid, mécontent que l’on ait tué son cousin. Il voulait juste lui faire peur. Ceci pose un autre problème. Mais dès ce moment, les enfants de Hossein deviennent les uns après les autres les rois du shiisme et sont nommés Imams.

 

 Il y a autre chose qu’il faut préciser : on dit dans l’histoire que la femme de Hossein était une princesse iranienne. Lorsque les arabes attaquent l’Iran, ils prennent les femmes en otage. Une des filles du roi fut donnée à Hossein, « Shahrbanou ». Ils eurent un fils, Ali, qui succéda à Hossein après qu’il soit assassiné. Et ainsi de suite, les enfants de Hossein deviennent Imams, jusqu'à douze personnes. C’est à dire que les shiites ont eu douze chefs et que le dernier de ces douze disparut, c’était le messie.

 

On dit qu’un jour, il reviendra pour sauver le monde. C’est à dire que l’idée de messie qui existait dans le mithraïsme, le mazdéisme, le zoroastrisme, le judaïsme et le christianisme entre ainsi dans l’Islam par leur croyance que le 12ème Imam va venir pour sauver le monde.

 

Les shiites qui croient aux douze Imams, on les appelle shiites es-na-ashari c’est à dire les shiites des douze imam. Mais il y a d’autres shiites qui croient jusqu’au 4ème Imam, jusqu’au 5ème, jusqu’au 6ème

 

 Les Alevites ne croient pas à la totalité des Imams mais seulement à une partie. Par exemple, le roi Hassan, du Maroc, récemment décédé et auquel son fils Mohammed a succédé était un Alévite ne croyant pas aux douze Imams mais seulement à quelques uns. Binazir Bouto et sa famille au Pakistan, sont aussi des shiites. C’est pour cela qu’on a tué son père Zolfaghar Ali Bouto.

 

 Ces gens-là sont des shiites. On a dit que le clergé n’existait pas mais le shiisme a crée le concept des Imams, certaines personnes allant jusqu’à dire qu’ils pouvaient garder le contact avec le 12ème Imam, même après sa disparition.

Ces gens là ont ouvert la voie à ceux qui se sont proclamés gardiens de cette religion : les ayatollahs.

 

 Mais il faut savoir que les mots ayatollah ou mullah, Mufti, celui qui donne le fatva, n’existaient pas à l’époque. Tout cela est récent. Quand on donne le fatva, ça dépend de quoi il s’agit. Quand on dit mullah, ça veut dire clergé. Un clergé de ce type n’existait pas alors dans l’Islam. Cela a été créé bien après l’avènement de l’Islam.

 

Ayatollah a été créé il y a moins de cent ans en Iran. Pendant 13 siècles, l’Islam ne parle pas de ce titre là, comme ayatollah.

 

 Ayatollah signifie symbole de Dieu. Ayyat est un mot perse qui signifie symbole, et Allah, le dieu des arabes, Dieu des musulmans. A la fin du 19ème siècle, il y avait en Iran un combat pour la démocratie et contre le pouvoir du Chah (roi) d’alors qui se nommait Zelullah, c’est à dire l’ombre de Dieu.

 

     Les Britanniques ont voulu établir le pouvoir des Ayatollah, conseillant les intellectuels iraniens de l’époque afin qu’ils créent un concept plus puissant que Zellullah donné aux rois. Ils ont donc créé le mot Ayatollah qui a été utilisé une seule fois dans l’histoire de l’Islam pour une personnalité nommée Mr Helli. Puis ce titre là ne fut plus utilisé. Mais à l’époque, il y a moins de 100 ans de cela, les journaux en Iran ont commencé à nommer les 4 chefs shiites Ayatollah , c’est à dire symboles de Dieu.

 

Depuis, ce titre là existe et on peut dire qu’ils ont imité le système des cardinaux qui existait au moyen-âge dans le Christianisme. Comme nous avons déjà dit, les Imams n’ont aucune supériorité par rapport aux autres. Ensuite, tout cela a été fondé et créé de toutes pièces de la manière qui vient d’être dite.

 

 

LES ABBASSIDES

( VIII° - XI° ) Siècle

 

On a opposé à juste titre Omeyyades et Abbassides en faisant des premiers les champions de l’Islam arabe et des seconds ceux d’un Islam multinational. Certains historiens, au XIXème siècle, ont même été tentés de voir dans les victoires abbassides le triomphe et les revanches des Aryens sur les Sémites. Cette vue simpliste et partiale est depuis longtemps abandonnée.

Il faut voir comme causes d’un changement de dynastie : d’une part, la manifestation violente d’une opposition religieuse et d’une haine dressant une famille contre une autre ; d’autre part, l’essoufflement d’un type de gouvernement, son impuissance à lutter contre les forces antagonistes dans lesquelles les éléments raciaux ont peut être joué un rôle, mais non unique. Il y a surtout l’expression d’un mécontentement social et économique, chez les mawali en particulier.

Il y a aussi une évolution naturelle, que la violence des événements a transformée en révolution. Le califat Omeyyade, celui des conquérants des initiateurs de l’Empire, ne pouvait durer sous sa forme initiale, étant donné les transformations internes de la société musulmane. Le changement a moins consisté dans l’éviction d’une dynastie arabe puisqu’elle a été remplacée par une autre dynastie arabe, que dans l’accession aux organes du pouvoir d’éléments musulmans non arabes. Plus encore, le changement est dans l’évolution de la société : l’administration se transforme, la vie urbaine devient la caractéristique essentielle de la période avec comme corollaires un développement considérable du commerce et un essor intellectuel vraiment original. De toutes ces modifications, les arabes ne sont pas les seuls auteurs, mais ils y ont largement participé à coté de peuples d’autres horizons, Iraniens surtout ; tous, on ne saurait l’oublier, sont d’abord des musulmans.

La révolution s’est effectuée aussi dans le domaine religieux et philosophique où le foisonnement des doctrines a été extrême ; elle apparaît enfin, peu à peu, dans la désagrégation de l’unité de l’Empire. A l’Ouest surtout, mais aussi à l’Est, des tendances scissionnistes se manifestent, qui finissent par se transformer en véritables ruptures et dans la création d’Etats indépendants.

Cette volonté de changement s’est très vite marquée chez les Abbassides par l’abandon de Damas comme capitale et par le transfert de celle-ci en Iraq. On a voulu voir dans ce transfert la part de l’influence iraqienne auprès des Abbassides. Ne s’agirait-il pas plutôt d’un acte politique précis ? Les abbassides ne redoutaient plus les Syriens, victimes de la disparition des Omeyyades mais toujours à la tête de riches transactions économiques. En revanche, l’Iraq s’était depuis un siècle révélé un grave foyer d’agitation : en y installant le gouvernement avec tout l’appareil politique et militaire qui l’accompagnait, il y avait là un moyen direct de dominer les tentatives d’insurrection, tout en donnant satisfaction aux Iraqiens et aux Iraniens brimés sous les Omeyyades.

En fait, pas plus que ceux-ci, les Abbassides ne devaient être à l’abri des secousses internes : si les premiers califes ont maintenu l’idée d’un véritable souverain, plus religieux que militaire d’ailleurs ( il est essentiellement l’imam, le guide ) , leurs successeurs ont abandonné tout rôle politique et laissé à leurs vizirs ou à des chefs militaires ambitieux le soin de s’occuper des affaires de l’Empire. Et l’établissement du centre politique en Iraq a favorisé, par son éloignement, les mouvements d’indépendance ou d’autonomie dans l’Ouest musulman.

 

A-  L’APOGEE DU CALIFAT ABBASSIDE

 

L’histoire de la dynastie abbasside, qui commence en 750, se poursuit jusqu’en 1258, date de la prise de Bagdad par les Mongols ; un abbasside ( l’était il vraiment ? ) a pris alors le relais au Caire jusqu'à la conquête ottomane en 1517. Dans cette longue histoire, le califat abbasside n’a connu une existence réelle qui, jusqu’au milieu du XI ° siècle, époque où les turcs Seldjoukides sont intervenus dans le monde musulman et ont placé les califes sous leur autorité. A bien examiner les faits, on constate que la seule période où les califes abbassides ont personnellement et directement dirigé les affaires de l’Empire, inspiré la politique et joué un rôle de souverain dans tous les domaines, cette période se situe entre le milieu du VIII° siècle et le milieu du IX° siècle, après quoi le contrôle de la vie politique passe entre les mains des mercenaires turcs, puis des vizirs iraniens, auxquels succèdent les Seldjoukides.

 

I-Le rôle des premiers califes

 

A Abou l-‘Abbas al-Saffah, dont le califat a été essentiellement marqué par la chasse aux Omeyyades et la distribution des provinces aux membres de sa famille, a succédé son frère Abou Dja’far al-Mançour ( le « Victorieux » ; tous les califes abbassides ont pris, en accédant au pouvoir, un surnom d’imam, c’est à dire un surnom à caractère religieux, sous lequel ils sont connus).

Al-Mançour ( 754-775 ) a été le véritable fondateur de la dynastie : doué d’une très haute opinion de son rôle, il a voulu être souverain sans conteste, et pour cela a impitoyablement pourchassé les shi’ites qui, évincés du califat, ont provoqué sans succès par deux fois des révoltes, en 755 et surtout en 762-763. Quand à Abu Muslim, à qui les abbassides devaient leur avènement, il fut assassiné en 755 : il représentait un danger pour le calife, car il avait su s’attacher un certain nombre de fidèles. Ceux-ci, d’ailleurs, après sa mort, fondèrent une secte ( abu muslimiya ) qui eut une certaine audience dans le Khorasan.

 

Al-Mançur a eu le mérite d’organiser l’administration de l’Etat abbasside, qu’il a placée sous la direction de vizirs de la famille des Barmékides, mais il a surtout été le fondateur de Bagdad—exactement de Madinat al-salam ( la ville de la paix ), Bagdad n’étant que le site, mais ce dernier nom a prévalu. On l’a appelée également Madinat al-Mançur, et Madinat al-mudawwar ( la ville ronde ). En effet, la partie essentielle de la ville était constituée par un cercle de 4 km de diamètre : au centre se dressait le palais du calife, autour duquel furent édifiés d’autres palais, des mosquées, des bâtiments officiels, des demeures pour les fonctionnaires et des casernes pour la garde khorasanienne du calife. Deux grands axes, se coupant au centre à angle droit, aboutissaient à quatre portes percées dans les murailles de la ville qui se présentait comme une citadelle. A l’extérieur, au sud-est, près de la porte de Baçra, se développa le faubourg commercial d’al-Karkh, tandis qu’au nord se créa un peu plus tard le faubourg d’al-Kazimayn, autour des tombeaux de personnages vénérés, comme Abou Hanifa.

Après le bref règne d’al-Hadi, assassiné en 786, Haroun al-Rashid accéda au trône ( 786-809). C’est le souverain le plus connu de la dynastie : la légende s’est même emparé de lui et il apparaît dans de nombreux contes ( par exemple dans les Mille et une nuits, pourtant de rédaction plus tardive ). Aucun trait, toutefois, ne le met particulièrement en valeur. Il faut attribuer sa réputation en Occident à ses rapports avec l’impératrice de Byzance, Irène, et avec Charlemagne. Dans un autre ordre d’idées, Haroun est le premier à avoir réalisé le début du démembrement de l’Empire en accordant aux gouverneurs Aghlabides d’Ifriqiya une autonomie bien proche de l’indépendance ( 799 ) . Désormais, l’Afrique du Nord échappe aux Abbassides car le Maghreb central est aux mains des kharidjites rostémides et le Maroc dans celles des Idrisides alides. Quand à l’Espagne, elle s’est constituée en émirat indépendant. Pourtant, l’Empire Abbasside s’étend encore de l’Egypte à la Transoxiane et constitue alors la plus grande puissance politique et économique du temps.

En 803, Haroun al-Rashid s’est débarrassé de la famille des Barmékides ; les raisons exactes de cet acte sont mal connues : Haroun a-t-il trouvé ses vizirs trop puissants ? Avaient ils, comme on l’a prétendu, intrigué de façon à amuser les shi’ites au pouvoir ? La question reste posée. Par ailleurs, des troubles ne cessaient de secouer l’Empire. Haroun trouva la mort en 809 au cours d’une expédition au Khorasan contre une révolte des populations iraniennes et turques. Sa succession donna lieu à une guerre fratricide dont al-Mamoun ( 813-833 ) sortit vainqueur, mais il ne put entrer dans Bagdad qu’en 819.          

 

 

En 803, Haroun al-Rashid s’est débarrassé de la famille des Barkémides ; les raisons exactes de cet acte sont mal connues : Haroun a-t-il trouvé ses vizirs trop puissants ? Avaient ils, comme on l’a prétendu, intrigué de façon à amener les shi’ites au pouvoir ? La question reste posée. Par ailleurs, des troubles ne cessaient de secouer l’Empire. Haroun trouva la mort en 809 au cours d’une expédition au Khorasan contre une révolte des populations iraniennes et turques. Sa succession donna lieu à une guerre fratricide dont al-Ma’moun (813-833) sortit vainqueur, mais il ne put entrer dans Bagdad qu’en 819.

 

Mu’tazilisme contre orthodoxie

 

Al-Ma’mun a été un prince intelligent sous le règne duquel la civilisation abbasside a connu son apogée. Dans le désir de mettre fin à l’opposition entre Abbassides et Alides, il désigna comme son successeur, en 817, ‘Alî al-Ridâ, imâm des Alides duodécimains : cet acte politique ne marquait pas un ralliement au shi’isme, mais une tentative heureuse de réconciliation, d’autant que ‘Alî al-Ridâ était un homme remarquable. Mais cette décision souleva la réprobation, notamment à Bagdad où une révolte aboutit à la nomination d’un autre calife, Ibrâhim ibn al-Mahdî. La mort de ‘Alî al-Ridâ et du vizir pro-alide d’al-Ma’moûn entraîna l’abandon de cette politique de rapprochement.

Bagdad était alors un grand foyer intellectuel ; le calife, homme plein de curiosité, s’intéressa de près aux œuvres grecques alors traduites par les chrétiens : philosophie, sciences, médecine ; Aristote était l’objet d’études, et ainsi pénétra chez les intellectuels orientaux la méthode du raisonnement logique : celle-ci reçut son application principale dans l’école mu’tazilite (1er groupe laïque iranien dans l’islam), apparue dès la fin de l’époque omeyyade, mais qui a connu son véritable développement sous al-Ma’mun. Il convient de noter que plusieurs théologiens mu’tazilites appartenaient à la classe des mawâlî, ce qui pourrait expliquer certains thèmes d’ordre social de la doctrine. Celle-ci faisait appel à la raison individuelle, au libre arbitre, seul compatible avec la justice divine ; de plus, les mu’tazilites tenaient le Coran pour créé et non pas pour éternel ; cette dernière thèse souleva  de vives controverses à Bagdad. Le calife qui avait pris parti pour les mu’tazilites, essaya d’imposer officiellement leur doctrine, au besoin par la persécution (827).

Au même moment, à l’est de l’Empire, un général d’al Ma’mûn, Tâhir, se proclamait indépendant au Khorasan et faisait dire la khotba (prière faite au nom du calife) à son propre nom ; en Egypte des troubles éclataient ; en Azerbaydjan, un mouvement de résistance à caractère social, lancé par Babak (chef révolutionnaire d’un mouvement mitraïque) prenait de l’ampleur entre 826 et 837. Alors qu’il allait relancer la guerre contre les Byzantins, al-Ma’moûn mourut subitement à Tarsous.

Son successeur, al-Mu’taçim (833-847) est à l’origine de deux faits graves qui ont transformé la structure du califat abbasside : le premier est l’appel à des mercenaires étrangers, Berbères, Slaves et surtout Turcs, pour constituer la garde personnelle du calife qui se défie des Persans et des Arabes, trop impliqués dans les querelles dynastiques, politiques ou religieuses. Cette garde personnelle, toute dévouée au calife, à l’origine du moins, va jouer un rôle de plus en lus important dans la politique califienne et ses chefs seront à certains moments pratiquement les maîtres du pouvoir.

L’autre fait est l’abandon de Bagdad par le calife. Celui-ci s’y sent mal à l’aise, la population y est difficilement gouvernable, en particulier par son hostilité au mo’tazilisme. Si bien que al-Mou’taçim décide en 835 de se transporter à Sâmarrâ, à 95km au nord de Bagdad, où il est sous la protection directe de sa garde. Cell-ci bénéficie des faveurs du calife, au mécontentement des arabes et des Persans qui retirent leur affection à la dynastie : les califes abbassides sont désormais liés à leur garde et plus spécialement aux Turcs qui en forment l’élément essentiel.

C’est ainsi que le calife al-Moutawakkil (847-861) parvint au pouvoir avec l’appui de deux chefs turcs dont l’un fut ensuite assassiné. Al-Moutawakkil fut lui-même assassiné plus tard par des soldats turcs. Durant son règne se produisit une réaction sunnite : la philosophie, la théologie dogmatique (khalâm) et le mo’tazilisme furent condamnés et interdits ; le calife a mené aussi la lutte  contre le shi’isme, allant jusqu'à faire détruire le tombeau de Husayn à Kerbelâ et à y interdire les pèlerinages. Il a été le dernier calife abbasside qui ait voulu vraiment gouverner. Après lui commence une période de désagrégation du califat d’où sortirent d’une part le califat fatimide d’Egypte et d’autre part la prépondérance seldjoukide sur les territoires abbassides.

 

Le vizir. L’administration. L’armée

 

L’essentiel de l’administration abbasside a été emprunté aux Omeyyades ; mais dans le détail on constate que l’influence iranienne s’est développée, grâce à l’introduction de nombreux fonctionnaires persans. L’instauration d’un vizir est conforme à l’optique des califes abbassides qui se sont déchargés sur ce personnage du soin de l’administration de l’Empire. En principe, c’est, comme les autres, un fonctionnaire à qui le calife délègue une partie de son autorité, mais, comme il est placé à la tête de la hiérarchie, il use, et abuse, de ses pouvoirs selon la personnalité plus ou moins affirmée du souverain. Homme de confiance de celui-ci, il détient les pouvoirs civils, parfois aussi les pouvoirs militaires ; sa puissance est grande et s’est transformée en une puissance  héréditaire, par la création de véritables dynasties de vizirs, la première d’entre elles ayant été celle qui fut fondée par le premier des vizirs abbassides, Khâlid al-Barmakî, qui a duré jusqu'à son élimination par Hâroûn al-Rashîd en 803.

Les bureaux de l’administration, machine très perfectionnée, sont groupés à Bagdad et constituent de véritables ministères ; mais la centralisation excessive ne peut qu’être préjudiciable à l’Empire et favoriser les tendances locales à l’autonomie. Les bureaux (dîwân) ont en charge les finances et le Trésor, la chancellerie, la poste (barîd) : ce dernier bureau est important, car il permet les liaisons avec les provinces et sert de moyen d’information. Dans les provinces, on ne constate aucune innovation par rapport à l’époque omeyyade, sinon que les gouverneurs des provinces les plus éloignées de la capitale tendent à prendre de plus en plus d’importance et d’influence personnelle.

Les fonctions judiciaires sont confiées par le calife, juge suprême de l’Empire, à des qâdîs qu’il nomme lui-même. Ces qâdîs rendent la justice, au civil et au criminel, suivant la sharî’a, la loi coranique ; en cas d’incertitude, ils peuvent consulter un savant spécialiste (‘âlim, plur. ‘oulamâ) ; en outre ils ont d’autres tâches : conclusion des mariages, exécution des testaments, tutelle des orphelins ou des incapables, surveillance des rues, etc. Ces tâches devenant de plus en plus nombreuses et absorbantes, les qadîs ont été assistés par des ‘adîl (littéralement homme juste, honorable) qui, de simples témoins, sont devenus des notaires assesseurs. Dans un Etat où les fonctions changeaient souvent de titulaires, les qadîs ont eu le privilège d’être respectés par le pouvoir en raison du caractère strictement religieux et juridique de leur charge. Il faut noter que si, à partir du milieu du IXe siècle, à l’échelon supérieur de l’administration, favoritisme, prévarication, concussion ont été de tradition courante, en revanche à l’échelon des bureaux un personnel de qualité, cultivé, recruté le plus souvent parmi les malawî d’origine iranienne (il y a aussi des chrétiens et des juifs), à donné à l’administration une valeur et une stabilité exemplaires. Ainsi que l’a décrit M. Gaudefroy-Demombynes : « il y a une probité professionnelle des bureaux, un dignité, une tradition, à coté du manque de moralité administrative des grands ».

Par rapport à l’époque omeyyade, l’armée n’est plus une armée de conquérants, mais un instrument destiné à faire appliquer une politique dans les limites de l’Empire,  et surtout dans les provinces de l’Orient. Au début de la dynastie, le recrutement est principalement effectué parmi les Khorasaniens (iraniens) qui ont assuré le succès des Abbassides. Mais à partir du IXè siècle, les califes se défient des Arabes et des Iraniens. Ils recrutent alors des mercenaires, surtout des Turcs qu’ils font venir d’Asie centrale. Cela entraîne un déclin de l’aristocratie militaire de type traditionnel ; la place qu’ont prise par la suite ces mercenaires a transformé complètement au Xè siècle la physionomie politique, sociale et financière de l’Empire. Pendant les premiers temps des Abbassides, l’armée a joué son rôle essentiellement militaire contre les Byzantins qui, aux alentours de 745, avaient repris l’offensive en Syrie du Nord, en Arménie et avaient reconquis Chypre. Durant le califat de Hâroûn al-Rashîd, de même, la défensive a prévalu à la frontière syrienne, tandis que sur mer la suprématie musulmane se manifestait sans conteste.

Sans vouloir aborder maintenant le problème dans son ensemble, on peut déjà constater que le commerce est devenu, au IXè siècle, la manifestation la plus tangible de l’expansion musulmane. Le centre en est le Golfe Persique, en raison du rôle joué par Bagdad et des ports situés sur ses rivages : Baçra, Obollah en Iraq, Sirâf en Iran ; de là les navigateurs et les marchands musulmans gagnent l’Inde occidentale où ils ont créé des comptoirs et des relais ; plus à l’est encore ils touchent Ceylan où ils rencontrent les marchands chinois ; certains musulmans sont même allés jusqu’en Chine et les fameuses aventures de Sindbad le marin sont un reflet romanesque des voyages aux péripéties multiples entrepris par les marchands.

De l’Iraq, des routes terrestres mènent d’une part vers l’Iran et l’Asie centrale, d’autre part vers l’Arménie et les territoires byzantins, d’autre part vers la Syrie et l’Egypte. En Asie centrale, vieux centre de transit commercial entre le Proche- et l’Extrême-Orient, passage d’une des routes de la soie, les marchands arabes, iraniens, turcs, chinois et indiens se côtoient et procèdent à des échanges. Au Proche-Orient, les négociants et les marchants arabes sont en liaison avec les marchands byzantins – dont on ne doit pas mésestimer l’importance en dépit du déclin politique – et avec des marchands venus des différents ports de la Méditerranée, spécialement de la Méditerranée musulmane. Il est possible qu’ils aient été aussi en rapport avec des marchands baltes et scandinaves : on a en effet découvert des monnaies musulmanes sur les rivages de la mer Baltique ; cela ne prouve pas ipso facto l’existence de comptoirs musulmans en ces lieux, mais, ou bien que des marchands musulmans ont pu épisodiquement y parvenir – ce qui est à prouver - , ou bien que des produits et des monnaies musulmanes (très recherchées alors) ont pu être drainés vers la Baltique par l’intermédiaire des Slaves, des Bulgares ou des Khazars, ou bien enfin il s’agirait là de « trésors » constitués par des marchands non musulmans qui jugeaient utile de thésauriser en dinars et en dirhems.

Sans être devenue un lac musulman, la Méditerranée est passée, après la conquête de la Crète et de la Sicile, sous le contrôle abbasside et le commerce maritime peut s’y effectuer sans encombre des rives de l’Espagne et du Maghreb à celles de l’Egypte et de la Syrie. Les ports européens ne jouent alors qu’un très petit rôle, limité à un trafic réduit avec l’Espagne et l’Ifrîqiya. Quoique l’Espagne ne soit plus sous la dépendance du califat de Bagdad, cela n’empêche nullement les relations commerciales entre l’Ouest et l’Est musulmans, d’autant que nombre de syriens sont venus et viennent encore s’installer en Andalousie et au Levante, tout en conservant des liens avec leur pays d’origine. Dans cette Méditerranée, l’Ifrîqiya tient une place de choix en raison de sa situation entre les deux basins de cette mer, mais aussi en raison du fait qu’elle est le point d’arrivée à Gabès et à Gafsa, des principales pistes caravanières du Sahara (d’autres arrivent  à Sidjilmasa au Maghreb occidental).

 

Vie intellectuelle et artistique

 

Ce qui a assuré le prestige du califat abbasside, au moins autant que son expansion économique, et beaucoup plus au regard de la postérité, c’est l’extraordinaire développement intellectuel et scientifique qui lui est apparu dès la fin du VIIIème siècle et s’est continué jusqu’à la fin du XIè siècle, l’âge d’or se situant au IXè. Un fait caractéristique se détache dans cette expansion : la langue arabe est désormais adoptée par tous les écrivains de l’Empire, même par les non-musulmans ; c’est là un des plus beaux résultats de la conquête, de l’expansion militaire et humaine ainsi que de l’assimilation des populations vaincues. L’Islam y a joué un grand rôle, d’abord par l’accroissement du nombre de convertis, et aussi parce que la langue du Coran est devenue la langue commune à tous les sujets de l’Empire. Certains auteurs ont utilisé le qualificatif d’arabo-musulman pour désigner cette période. Il faut y voir un sens restrictif, cherchant à distinguer, involontairement, Arabes et musulmans, alors qu’il n’y a plus en fait qu’une littérature d’expression arabe, même si elle a été parfois l’œuvre de non-Arabes ou de non-musulmans.

 

Les sciences

 

Un bouillonnement considérable se produisit alors, dans des domaines privilégiés : philosophie, médecine, sciences ; grâce aux travaux, aux études, aux recherches des penseurs et des savants iraniens, l’esprit humain a fait des progrès énormes que l’Occident chrétien n’a connu que plus tard, par l’intermédiaire de l’Italie et surtout de l’Espagne. Des noms sont demeurés vivants au travers des siècles : des philosophes comme al-Kindî (850), al-Fârâbî (950), Ibn Sînâ (Avicenne, 1037), qui ne sont pas resté étrangers aux recherches en mathématiques, en physique, en médecine ; des astronomes : al-Khwârezmî, Aboû l-Wafâ, le Sabéen Thâbit ibnQuorra qui a déterminé la durée de l’année solaire, al-Battanî qui a découvert l’inclinaison du plan de l’écliptique ; en mathématiques, introduction des chiffres indous (que nous appelons arabes) et du zéro, utilisation de la trigonométrie par al-Battanî et Aboû l-Wafâ, tandis que l’algèbre a été largement développée par al-Khwâresmî.

Grâce aux physiciens et aux chimistes de l’époque abbasside, de nombreux corps furent découverts, des procédés d’utilisation mis au point, des théories énoncées. La médecine, héritière de la médecine grecque, fut particulièrement brillante, avec des traités sur les maladies et des études sur le corps humain, y compris la chirurgie : des savants comme Avicenne, al-Râzî, al-Zahrâwî, Ibn Zohr (Avenzoar) – ces trois derniers ayant vécu dans l’Occident musulman – ont apporté à la médecine une contribution exemplaire.

On ne saurait oublier les premiers ouvrages de géographie, qui correspondent encore plus à l’état d’esprit de l’époque abbasside : découverte du monde par les conquérants arabes, et aussi par les marchands, description des régions et plus encore des villes. La géographie a été alors une base des connaissances de l’homme « cultivé ». Elle a aussi servi l’administration, et les ouvrages des géographes arabes sont considérés comme une des sources essentielles pour l’étude du monde musulman. Dans ce Panthéon scientifique, il convient de faire une place à part à cet esprit encyclopédique que fut l’Iranien al-Bîroûnî, à qui aucune science de son temps ne fut étrangère et qui témoigna d’une curiosité hors du commun.

L’enthousiasme créateur est un élément moteur remarquable : on a même l’impression, devant cette floraison de travaux et d’œuvres, que ce qui intéresse les savants et les chercheurs ce n’est pas tant le résultat que l’ardeur que l’on met à faire progresser les connaissances ; il y a une sorte de jaillissement, sans cesse renouvelé, des ferments de pensée. Peut être le recul du temps et l’accumulation de noms nous font-ils oublier que cette expansion intellectuelle s’est étendue sur un peu plus de deux siècles. C’est néanmoins une durée relativement courte, au regard du temps, et c’est en tout cas une période de concentration de grands esprits  comme il en avait peu existé dans le passé.

 

Quoi qu’il en soit, il faut retenir qu’il y a là un phénomène d’acculturation réciproque. Des Arabes, jusqu’alors étrangers à toute spéculation scientifique et ne pratiquant que des genres littéraires limités, ont eu accès à des domaines nouveaux pour lesquels ils ont montrés des dispositions remarquables. Par surcroît, ils ont adapté leur langue, qui est devenue – outre son rôle de véhicule religieux – un instrument de culture. Des non-Arabes ont apporté leurs antécédents intellectuels et culturels, adopté l’arabe et continué à faire progresser cette langue. Celle-ci a été la langue commune de tous les sujets de l’Empire Abbasside et au-delà, puisqu’elle fut celle des émirats du Maghreb et de l’Espagne omeyyade.   (les Abbassides ; de Robert MANTRAN, L’Expansion Musulmane).

 

Protestantisme islamique

 

Combien y a t’il d’Islam ?

En Arabie Saoudite les harems subsistent, le port du tchador est obligatoire, la femme ne peut participer à la vie active, elle n’a pas le droit de conduire une voiture, etc…

Au Maroc, l’application de l’Islam est encore différente …La conception et l’application de l’Islam du Maroc n’est pas celle de Khadafi en Libye, non plus à celles du Soudan, et toutes dans leurs particularités de l’Islam n’ont rien à voir et dans leur globalité avec l’Islam de l’Iran et depuis KHOMEINY à ce jour !!

Ces différences sont souvent attribuées à la division de l’Islam en plusieurs courants : les Shiites et les Sunnites, et plusieurs tendances dans chaque partie !!

« Trois Islam »

Mais de manière globale, il y a deux tendances dans l’Islam :

Les conceptions de l’Islam au pouvoir et les conceptions de l’Islam en mosquée.

Autrement dit, d’un coté il y a ceux qui pensent que l’Islam ne doit pas être exercé en dehors des lieux du culte, telles les mosquées et ne doit en aucun cas être mêlé à la politique.

Et de l’autre coté, il y a ceux qui pensent au contraire que l’Islam est la politique puisque le Prophète était un politicien. Et que par conséquent, les lois devraient s’inspirer du Coran et des livres Islamiques.

 

« L’Islam orthodoxe »

 

Je nommerais le premier parti, qui sépare le pouvoir de l’Islam, « l’Islam orthodoxe ». Les partisans de cette idéologie confèrent à l’Islam un rôle exclusivement religieux, les religieux ne s’occupent que des naissances, décès, mariages, de la prière, etc… Tout ceci bien sur, en collaboration avec les forces au pouvoir, quelles qu’elles soient : de gauche ou de droite, monarchique ou républicaines, conservatrices ou modérées ; peu importe le clergé, son orientation, puisque c’est lui, finalement, qui impose indirectement ses idées politiques au pouvoir.

Cette idéologie est notamment pratiquée en Algérie, au Maroc, en Egypte, en Turquie et dans de nombreux autres pays.

 

« L’Islam catholique »

 

Dans d’autres pays, et en Iran en particulier depuis, l’Islam de Khomeiny est au pouvoir. Khomeiny  a prétendu  que les lois devraient découler directement de l’Islam et que les pays islamiques devaient être entièrement dirigés par les gens de mosquée. Par analogie, je nommerais cette fraction « l’Islam Catholique » : le pouvoir du clergé.

Actuellement, c’est cette idéologie « catholique » qui se développe dans les pays musulmans. Khomeiny a nommé cet islam « VILAIAT FAKIH », ce qui signifie pouvoir du clergé. Cette idée grandit et acquiert de plus en plus de popularité.

Dans les pays à « Islam orthodoxe » , il y a une grande misère économique, la censure, pas ou peu de liberté d’expression, une répression policière, des emprisonnements, un matraquage, de la torture. Les musulmans se révoltent alors contre le pouvoir et se réfugient dans l’idée lancée par l’Iran de Khomeiny : l’Islam au pouvoir.

Je ne parlerai pas de l’ancienneté de cette idée : elle existe depuis le XIXème siècle avec Seyed Djamal Adlin. Je ne veux pas parler de ce qui existe aujourd’hui. Actuellement deux facteurs assez importants incitent les musulmans à se réfugier derrière les idées de Khomeiny :

-               La pauvreté

-               Le manque de liberté 

L’idéologie islamique existait déjà dans beaucoup de pays musulmans et elle s’est développée un peu plus chaque jour et déjà, il y a des partis politiques dans la plupart des pays musulmans et également dans les républiques islamiques au Pakistan, en Mauritanie, aux Comores…

 

La troisième solution

 

Suite au combat contre le pouvoir en Iran, après une analyse politique et sociale du pouvoir iranien, l’étude du Coran et de l’histoire de l’Islam, a été entrevue une troisième solution pour les pays musulmans. Elle seule, je le pense, pourra faire face aux théories des Islamistes « Orthodoxes » et « Catholiques », à condition qu’elle soit élargie, soutenue et publiée.

On considère actuellement que les « catholiques islamistes » seuls représentent un danger et l’on ne craint pas l’ « Islam Orthodoxe ». Mais l’on oublie que les « orthodoxes islamistes » peuvent devenir tout aussi fanatiques que les partisans l’Islam politique !

Il est malheureux de voir qu’a l’époque de l’informatique, des satellites et de la découverte de l’espace, des politiciens essayent de profiter des sensibilités religieuses pour faire de la démagogie et asseoir leur pouvoir.

C’est ce que font également les « islamistes orthodoxes » et le clergé « catholique islamique ».

La troisième solution n’a jamais été formulée de la part de musulmans :personne n’a osé ou alors cette idée a été étouffée. Bien sur, beaucoup de non-musulmans ont attaqué l’idéologie islamique. Mais l’on n’a jamais entendu parler de l’idée de Renaissance de l’Islam qui pourrait nous amener à la laïcité.

Les musulmans ne peuvent pas être contre l’Islam mais contre les idéologies « catholiques » et « orthodoxes » islamiques en utilisant l’Islam contre ces deux ennemis. Il faut créer alors un mouvement, une idéologie, que je qualifierais de « Protestantisme islamique ».

Avec le protestantisme chrétien, cette idéologie n’a rien à voir : cette terminologie est utilisée afin de schématiser et de faciliter la compréhension.

Nous ne sommes pas d’accord avec les « catholiques » et les « orthodoxes » islamiques. Nous croyons à l’Islam. Mais à un Islam qui débouche sur la laïcité et qui a une vision critique sur l’histoire et le Coran. Qui proteste contre la violence et le terrorisme au nom de l’Islam !

 

Le Prophète et le Coran intouchables ?

 

Le protestantisme islamique nous ramènera à une communauté laïque, à une vision raisonnable et rationaliste de la religion.

Pour mieux situer ce protestantisme et pour admettre que les chefs religieux sont des etre humains qui commettent eux aussi des erreurs, nous devons parler également du Coran et du Prophète pour savoir si on peut les remettre en cause, ou si, au contraire ils sont « intouchables » ?! 

 

Le Coran intouchable ?

 

Il est reconnu que le Coran n’a pas été rassemblé sous sa forme actuelle par le Prophète. Quarante ans après la diffusion de la première parole de celui ci et vingt ans après la mort du Prophète, le Calife fait appel à plusieurs personnes qui donnent différentes versions de la Bible de Mohammad.

Une trentaine de versions ont été présentées et le Calife en a choisi une seule, en donnant l’ordre de faire brûler les autres. Parmi les livres rejetés, il y avait celui de l’Imam Ali, le gendre du Prophète, qui était plus proche et plus fidèles des idées de Mohammad que celles du livre sélectionné.

Il contenait notamment des versets qui avaient été annulés et dans beaucoup de parties les conversations étaient différentes ainsi que l’écriture.

Depuis, tout le monde a accepté de ne plus toucher au livre choisi par la Calife du Prophète. Le livre qui était rassemblé plus de vingt ans après le Prophète et nommé CORAN !!

Après un siècle d’Islam, plus personne n’a parlé de l’annulation d’une partie de cette Bible.

 

Le Coran :

Paroles de Dieu ou de Mohammad ?

 

Pendant les premières années de la création de l’Islam, un débat fondamental occupait les fidèles. Ils se demandaient si le Coran était constitué seulement des paroles de Dieu ou bien aussi des paroles de Mohammad et de ses disciples les plus proches.

Après un certain temps, le débat fut clos, la majorité du clergé islamique de l’époque considérant qu’il n’y avait plus à dire à ce sujet, et que le mieux était de  n’en point parler.

Cependant, Mohammad a repris parfois dans les versets du Coran, les paroles de ses conseillers intimes.

Par exemple, au cours de l’une des guerres, le bruit s’étendu que Mohammad avait été tué. A ce moment là, le porte drapeau des troupes de Mohammad cria :

« Mohammad était un homme comme vous et s’il s’est fait tuer. Vous ne devez pas revenir à l’ancienne religion ! »

Par ces mots, il empêcha les soldats des troupes de Mohammad de fuir.

Après la guerre, il s’est avéré que Mohammad était finalement encore en vie.

Mohammad a repris dans le Coran la parole du porte drapeau comme étant une parole divine. Cette phrase y figure encore à ce titre.

Nombreux sont les exemples de ce genre. Les paroles de ALI, OMAR, et d’autres conseillers intimes de Mohammad sont ainsi devenues parties intégrantes du Coran. SUYUTI, l’un des plus grands historiens de l’Islam traite ce sujet dans l’un de ses essais.

 

Dans une partie du Coran, nous trouvons des versets démocratiques qui encouragent le Prophète d’Islam à prendre conseil auprès des autres. Et même dans un de ces versets, il dit que les autres peuvent garder leurs croyances et leurs religions, et lui va garder la sienne.  

Les noms du livre du prophète de l'Islam

Ce qui fut rassemblé et inscrit par Othman a pris le nom de Coran, et jusqu'à aujourd'hui, on l'appelle " le Coran ", " le grand Coran ", " le glorieux Coran "; mais dans ce livre même, il existe plus de cinquante cinq noms pour nommer le livre de l'Islam. Ainsi, dans divers versets, les poèmes de l'Islam sont appelés différemment :
Kétab (Livre) - Mobain (Manifeste) - Coran (Lecture) - Karim (Généreux) - Kalâm (Parole) - Nour (Lumière) - Hédaïat (Indication) - Rahmate (Clémence) - Forghan (Distinction) - Shafâ (Guérison) - Moéséh (Sermon) - Zékre (Mention) - Mobarak (Porte-bonheur) - Ali (d'après certains, cet Ali fait allusion à Imam Ali - dans le verset 4 du sourate Zakhraf -Les Ornements- l'on trouve : " Il est vrai qu'en matière d'original (mot à mot : la mère du livre ) Ali est érudit auprès de nous).
Hékmat (Philosophie) - Hakim (Philosophe) - Mossadégh (Confirmatif) - Mahiman (Protecteur) - Hobal (l'Idole) - Cérate Mostaghim (Le sentier droit) - Ghaiém (Tuteur) - Ghôle (Promesse) - Fasle (Saison) -Naba al Azim (Le grand annonce) - Ahssan al Hadiss ( La meilleure tradition prophétique) - Motachabéh (Identique)- Massani (La seconde corde d'un luth ) -Tanzil (Intérêt) - Rouh (Ame)- Vahi (Révélation)- Arabi (Arabe) - Bassaér (Vues)-Baîan ( Expression)- Elmme (Science)- Hagh (Raison)- Orvath al Vosghâ (Mouton de sacrifice) - Adjab (Surprise - Etonnement) - Tasacor (Rappel)-Orvat al Vossghâ (Lien indissociable)- Sédgh (Sincérité)- Adlle (Justice)- Amr (Ordre) -Mônâdi (Héros)- Bacharî (Humain)- Madjid (Glorieux) -Zabour (Psaumes)- Bachir (Précurseur)- Nasire (Voué à Dieu)- Asis (Cher)-Ballâgh (Eloquent)- Ghéssass (Histoires) -Sohof (Livres) - Mokaraméh (Honorée) - Motaharéh (Purifiée)-

Bref, au lieu du Coran (livre lisible), chacun de ces cinquante cinq noms aurait pu être le nom du livre de l'Islam, mais jusqu'ici "Coran", " Glorieux " et " Généreux " sont les plus connus.

Les livres écrits sur les différences de corans

L'on verra en quoi les livres compilés par les secrétaires particuliers du prophète de l'Islam étaient différents de celui qu'Othman inscrivit comme étant le Coran. Mais avant d'ouvrir ce débat, il faut rappeler que dans les premiers siècles de l'Islam, beaucoup d'ouvrages furent écrits, qui relevaient des différences entre corans existants ; et bien qu'Othman affirmait et inscrivait une seule version, il fallut des années pour que les savants islamiques reconnaissent ce livre, et le propagent dans le monde islamique.

Nous dénombrerons ici les noms des sept livres importants et notables qui furent écrits par les savants originels d'Islam, à propos des différences entre Corans :
1- Le livre de la différence des livres (les corans des habitants de la Médine, de Koufféh et de Bassora )écrit par Kassâeï
2- Le livre de la différence des livres (les Corans), oeuvre de Khalaf
3- Le livre de la différence des habitants de Koufféh, de Bassora, et de Damas en matière des livres, écrit par Farrâ.
4- Le livre de la différence de Mossahéf (les corans) d'Ibn Davoud Sédjestani
5- Le livre de Madaéni sur la différence des livres (les Corans ensemble) écrit par Madaéni
6- Le livre de la différence des livres (les Corans de) Damas, Hédjaz, l'Irak écrit par Ibn Amér Yahsébi
7-Le livre de Mossahéf (les Corans) oeuvre de Mohammad Ibn Abd al Rahaman Isphahanï.
Donc, l'on voit que les milliers de pages ont été écrites sur la différence des Corans de diverses villes et régions et en dénombrant quelques brefs exemples concis de la différence des corans d'Imam Ali et des secrétaires du prophète d'islam, nous verrons en quoi le Coran actuel - appelé désormais le Coran d'Othman- diffère des autres.

 

Quelles furent les différences de corans entre les secrétaires du prophète de l'Islam et du d'Othman ?

En ce qui concerne le Coran d'Imam Ali, nous avons dit, lors des pages précédentes, que d'abord, il fut ordonné en fonction des dates des créations poétiques (dates des révélations) et ensuite, que les versets abrogatifs et abrogés furent relevés dans ce livre.

Hassan Ibn Abasse raconte qu'il avait entendu de Hokm Ibn Sahir, qui l'avait, lui, entendu d 'Abdé Kheir qui finalement, l'avait entendu lui-même entendu d'Imam Ali, que la première personne ayant rassemblé le Coran de sa mémoire fut (Imam) Ali, et que ce Coran était gardé dans la famille de Djaffar ; et j'ai vu chez Abou Hamzéh Hassani - béni soit-il - un coran écrit avec l'écriture d'Ali Ibn Abi Taléb et dont quelques feuillets étaient abîmés, et ce Coran était resté dans la famille de Hassan en héritage selon l'ordre des sourates, et d'après la révélation.... (Al Féhrést Ibn Nadîm-La liste d'Ibn Nadîm- Page 147).
Il est intéressant de savoir que les autres Corans furent disponibles jusqu'à une certaine époque puis ont été perdus soudainement dans quelque sombre recoin de l'histoire. Il se peut que l'on retrouve leurs traces dans des bibliothèques ou des musées, et je m'engage à l'avenir à signaler par écrit toute découverte personnelle à ce sujet.

Le Coran d'Abd Allah Ibn Massoud

Fazl Ibn Châsan dit : l'ordre des sourates du coran de Mossahéf d'Abdo Allâh Ibn Massoud fut, dans un ordre différent de celui d'aujourd'hui : da Abi Lahab Va Ghad Tab Ma Aghnâ Maléhou Va Ma Cassab (Que les deux mains d'Abi Lahab périssent et qu'il périsse lui-même, ses richesses et ses oeuvres ne lui serviront à rien )-..." (Al Phéhreste d'Ibn Nadim-La liste d'Ibn Nadim).
Pour ne pas nous étaler, nous n'avons pas cité les noms de toutes les sourates, mais l'on trouve cinq problèmes dans le coran d'Abd al Rahaman Ibn Massoud :
1 - Le nombre et l'ordre des sourates diffèrent considérablement de ceux du Coran d'Othman, car dans le coran d'Ibn Massoud, il n' y a que cent dix sourates, telles que nous les avons dénombrées.
2 - Les noms de beaucoup de sourates sont plus longs que ceux du Coran d'Othman.
3 - Il y a deux sourates nommées "Sadjdéh" (prosternation).
4 - Il y avait quelques sourates supplémentaires, comme " Havâmime " ou " Mossabahât " dans le coran d'Ibn Massoud, et qu'on ne trouve pas ailleurs.
5 - Certains versets du Coran d'Ibn Massoud diffèrent de ceux du Coran d'Othman, surtout par la sourate Va al Assre dont l'on ignore le contenu dans le coran d'Othman. Il en est ainsi dans le coran d'Ibn Massoud :
"J'en jure par l'heure de l'après-midi, l'homme travaille à sa perte. Tu en excepteras ceux qui croient et pratiquent les bonnes oeuvres, qui recommandent aux autres la vérité et la patience !"

Le Coran d'Abi Ibn Kab

Fazl Ibn Ghasan dit : L'un de nos proches en qui l'on a confiance disait : j'ai trouvé l'ordre des sourates du Coran tel que celui d'Abi Ibn Kab, à Bassora, dans un village qui s'appelait Ghariat al Ansar à douze kilomètres de Bassora, chez Mohammad Ibn Maléké Ansari, qui nous a montré un Coran et dit : ce Coran appartient à mon père et nous le tenons de nos ancêtres. J'y ai jeté un coup d'oeil et en ai extrait les débuts et les fins des sourates ainsi que le nombre de leurs versets. Au début il y avait : Fatéhat al Kétab (l'ouverture du livre)-Bagharéh (la vache)- Néssâ (les femmes)- Allé Omran (la famille Omran) -Anâm (les bienfaits) -Eerâf (le purgatoire)- Maédéh (la table) - je doute qu'il ait eu la sourate (Younesse-Jonas)- Anfâl (les surestimations) -... Davoud (David) ... Tahâr (les propres) ...Insân (l'homme)... Nabi Aliéh al Salam (le missionnaire auquel salut)...Hai Ahl al Kétab les gens du livre) - Lam Yacon Aval Makan ... trois verset...B al Kofar Molhagh et ainsi de suite...Tous les versets furent au nombre de six mille deux cent dix. ( Al Féhreste -La liste d'Ibn Nadime Page 46).

Enfin, l'ensemble des sourates du Coran de Ben Kab n'atteignait pas les cent seize et un bon nombre de sourates de ce Coran n'existent pas du tout dans le Coran d'Othman. Comme les sourates Davoud (David), Tahâr (les propres), Nabi Aliéh al Salâm (le missionnaire auquel salut)...

Les destructeurs et les destructions du Coran

Le débat ayant trait aux destructeurs (nassékh) et aux destructions (mansoukh) est un des principaux problèmes de l'Islam et du Coran. Problème qui fut négligé jusqu'ici et comme cela a été évoqué plus loin, le prophète d'islam, lui-même, avait envisagé de rassembler son livre (le Coran) en vue de déterminer, ou d'éliminer, les versets destructeurs ainsi que les versets détruits, et l'on a dit que dans le Coran d'Imam Ali ce problème avait été pris en compte. C'est un sujet évident et clair. Car comme nous l'avons dit, Mohammad a admis un bon nombre de traditions datant de l'obscurantisme arabe, et nous verrons plus loin à quel point, par obligation, il se comportait avec respect à l'égard des Quoriche et de leurs rites. Et que donc s'il avait pu, il aurait abrogé beaucoup de traditions et de pratiques de l'obscurantisme arabe, qui subsistent jusqu'à aujourd'hui, époque de civilisation et de technologie.
Mais, à propos de la question des versets destructeurs et détruits, de nombreux livres furent écrits. Nous ferons allusion à trois de leurs grands auteurs, et qui ont écrit des centaines de pages sur ce sujet :
1 - Al Nasékh va Mansoukh - ( abrogatif et abrogé ) oeuvre de Hadjaj al Our
2 - Nasékh et Mansoukh kodamand-(Quels sont l'abrogatif et l'abrogé ) - oeuvre d'Abd al Rahman Ibn Zéid
3 - Le livre d'Abi Isshagh Ibrahim al Moadab à propos des versets destructeurs et détruits.

Le Coran durable et agréable à lire

Il n'y a aucun doute que le Coran est une belle poésie particulièrement son " Ghéssar al Sour "(Les plus petites SOURATES) qui se rapporte à la Mecque et à la première période d'Islam. Si nous révélons quelques sujets tabous de ce livre durable, ce n'est pas pour le nier. Car le Coran est un livre historique, littéraire et philosophique à propos duquel l'on pourrait écrire de nombreuses pages ; c'est ainsi que les mathématiciens ont, grâce à la science de nombres, fourni des théories numériques sur ce livre. Les astrologues, également, l'ont analysé d'après l'astrologie... ou alors tel spécialiste de l'informatique a obtenu tels résultats en faisant analyser ce livre par ordinateurs... ou tel médecin aura écrit un livre médical sur le sujet etc... j'ai vu la majorité de ces ouvrages... et nous pourrions dévoiler des secrets que la saisie informatique rendrait encore plus passionnants.

 

L'influence des conseillers persans, abyssins, juifs et romains dans le Coran

Comme nous l'avons expliqué dans le livre " De Mitra à Mohammad " les principaux conseillers du prophète d'islam étaient Salman Parsi d'Iran, Balal Habachi d'Abyssinie et Sahib de Rome. Ils faisaient partie, tous les quatre, du cercle des savants, intellectuels et érudits de leurs pays, dans leurs langues originelles, ainsi que celles des autres amis du prophète de l'Islam, de la même façon que des Juifs, des Nabatéens et des Syriaques influencèrent le Coran.

 

Les mots non arabes dans le Coran

Alors!...Le prophète d'Islam eut quelques conseillers importants qui l'ont aidé dans la formation de la révolution et jusqu'à l'élaboration de son idéal-type. Malgré ce que l'on apprend dans le Coran, à savoir que ce livre fut révélé en langue arabe, mais que d'autres mots, issus des langues civilisées de cette époque s'y rencontrent. Ces mots sont probablement les propos de proches amis du prophète de l'Islam, originaires d'autres pays, et jouant un rôle certain dans les décisions et les poèmes du prophète de l'Islam. Ces proches amis furent à de nombreuses occasions ils furent d'avoir recours aux mots de leur propre langue pour s'exprimer clairement. Ces mots furent ensuite "arabisés", c'est-à-dire qu'ils se placèrent naturellement dans le cadre de la grammaire arabe.

Comme nous en avons déjà évoqué quelques exemples, une fois que le nouveau style du prophète de l'Islam dans la création du Coran se fut installé parmi les Musulmans de l'époque, il devint évident que ses proches amis pouvaient faire de la poésie, et du discours, tout comme lui, à l'instar des quatrains de Khayam , des odes de Haféz ou de la poésie moderne de Nimâ (Nimâ est un poète contemporain, nommé le Père de la Poésie Moderne Persane).

Si quelqu'un connaît bien Khayam et Haféze, et possède un talent poétique, il peut, en les prenant comme modèles, faire de la poésie dans le même style. Depuis toujours, ce phénomène n'a été connu dans le monde littéraire qu'une fois un style inventé, les autres ayant alors pu s'en servir pour faire de la poésie dans la même tournure.

Les termes persans dans le Coran

- Abarigh (pluriel d'Abrigh); Estabragh; Tanour; Djahanam; Dinar; Al Rass; Al Rome; Zandjébil;
Sédjil; Saradégh; Saghar; Salsabil; Sndass; Ghofl; Kafour; Kanz; Kourte; Madjous; Mardjan; Mask; Maghalid; Mazdjah; Né; Houd; Yagoute; Al Yahoud.

Les termes abyssins (éthiopiens)

- Ela Raéc; Avâh; Avâb; Al Djabt; Horm (haram); Haub; Dôrï; Sïnïn; Shatre; Tâhâ; Tâghoute; Al Eram; Ghéise; Ghoureh; Kafle; Machcouh; Mansâh; Nachééh; Yassin; Yassdon.

Quelques termes romains dans le Coran

- Sérâte; Tafagh; Ferdôs; Ghéste; Ghéstass.

Quelques termes syriens dans le Coran

- Yam (Al Yam); Houn; Ghouyoum; Addan; Toure.

Quelques cas des termes juifs (hébraïques) dans le Coran

- Akhlad; Baïre; Raéna; Al Rahmân; Tavâ; Marghoum; Hodnâ; Ghamle.  

Quelques cas des termes nabatéens dans le Coran

- Varz; Varâ; Malakoute; Côfre; Ghat; Mazhan; Sinâé; Sôfréh; Havâriyoun; Hasbe; Akvab; Asphar; Al; Alîm.

Le Coran et les erreurs du prophète d'islam

Quoiqu'en 1980 dans la revue "Erchad", signifiant la conscience (publiée en Iran), et en 1981 dans par le livre "Renouveau dans les idées", nous nous soyons expliqués brièvement, sur la chasteté et les erreurs des prophètes, ainsi que des Imams, puisqu'ici, nous parlons du Coran et de sa création, nous nous devons d'expliciter ces notions une fois de plus.

Lors des ouvrages pré-cités, nous avions dit que la chasteté, et le fait d'être chaste, ne signifient aucunement ne commettre aucune erreur ni faute. Quiconque peut être un homme chaste, quoiqu'aussi fautif. Pour cela, voyons d'abord ce que signifie réellement chasteté.

Aux termes du dictionnaire "Al Modjam al Arabie ", Chasteté signifie "l'aptitude à éviter le péché pour celui qui en est capable".

Or il apparaît de façon évidente qu'éviter le péché est tout autre qu'éviter l'erreur. En effet, le péché est un concept religieux et moral, chargé de spiritualité. Alors que les mots arabes Khatâ (faute), et Echtébah (erreur), désignent des événements probables, quotidiennement, dans toutes les affaires politiques, sociales, familiales. Une personne, quelque pudique et pure qu'elle soit, peut commettre des erreurs, et connaître des désillusions à l'occasion de ses décisions quotidiennes.
Au cours de l'histoire, aucun savant n'a nié ces fautes et ces erreurs, si ce n'était pour trouver des prétextes, en détournant le langage et en remplaçant les mots "faute" et "erreur" par " Tarkéh Oulâ (abandonner le meilleur). Cette expression est fausse, car " Tarkéh Oulâ " veut dire opérer un choix parmi d'autres, choix qui, bien que décidé au détriment d'autres possibilités, n'est cependant pas le meilleur (Oulâ). Cette expression ne se différencie donc pas fondamentalement d'avec les mots faute et erreur.
Plusieurs reproches furent cependant faits au prophète de l'Islam, par ses conseillers les plus importants, suite à ses fautes et ses erreurs. Ces reproches furent qualifiés par les savants islamiques d'"Etab", (blâmes) et furent attribuées à Gabriel et à Dieu, mais non pas aux conseillers. Nous avons déjà expliqué la cristallisation physique d'un ange venu du ciel de la part de Dieu vers Mohammad, et dit que cette idée de faire parvenir un envoyé pour un envoyé était entièrement fausse. D'autre part, à coté de l'intelligence, le talent et l'intuition du prophète de d'Islam, l'on pourrait concevoir que ses conseillers - ceux du premier rang comme Salman de Perse, Sahïbe de Rome, Balâle d'Ethiopie, Bahirâ de Bassora et Ghasse fils de Saéh et... qui ont joué un rôle primordial dans l'élaboration de l'Islam - soient pris en quelque sorte pour Gabriel et Dieu. Autrement, ce serait la dignité et l'importance de Mohammad qui s'en trouveraient rabaissées. Car Dieu attribuerait-il aussi peu d'importance à son prophète qu'il ne lui parle pas directement ? N'aurait-il pas pu le contacter directement, sans avoir besoin d'un intermédiaire entre eux pour transmettre ses messages ?

Les critiques faites à l'égard du Prophète existent toujours et portent sur différents sujets :

1 - On lui a reproché d'avoir mis un Elâh (dieu) à côté d'Allah (Dieu).

" Ne mets pas d'autres dieux avec le grand Dieu."
(la sourate 4, le verset 150).
2 - Une autre fois il lui fut rappelé avoir douté et reculé de peur devant les autres.(la sourate 3, le verset, 60)
(O, Prophète, Ne sois pas, toi-même, de ceux qui doutent (de ta religion)).

3 - On le blâma d'avoir été ennuyé, et attristé, des propos des rivaux et des Quoriche qui le menaçaient de mort. (la sourate Al Hadjr, le verset 97).

(O, Prophète ! nous savons bien que tu es attristé et inquiet de leurs propos et....
4 - Il lui fut également reproché d'avoir quelquefois douté à propos des concepts philosophiques complexes, et d'événements historiques importants, évoqués dans les poèmes de ses conseillers (gabriels), qu'il avait du mal à accepter alors, et qu'il hésitait à énoncer. On l'incitait alors à aller étudier l'histoire et la philosophie.

"Et si tu doutes de nos poèmes (révélations historiques et philosophiques) (et n'arrives pas à les saisir) vas demander à ceux qui savent lire (et qui ont lu l'histoire du passé)." (la sourate Younes- Jonas- le verset 9)
5 - On le critiqua aussi d'avoir obéi et écouté les renégats et les hypocrites. Il est intéressant de noter que dans le Coran, on retrouve exactement la proposition " Lâ Tâatâé ", c'est -à-dire "n'obéis pas". Cela relève de l'époque où, après la bataille d'Ohôd, Abou Sofîan et Akraméh sont arrivés à la Médine, et organisèrent une réunion secrète avec le prophète de l'Islam chez Abd Allah Ibn Abi. Ils demandèrent à Mohammad de ne plus médire leurs dieux, et de les juger capables d'intercéder, comme pendant la période d'avant l'Islam. Le prophète de l'Islam l'accepta, ce que (les) Gabriel(s) n'ont pas admis.

(cité d'Ellâhï Ghomshéhi :
les notes du Coran, la sourate Ahzab- les confédérés- le verset 1)
Voilà le verset :
"O, Prophète ! réfugie-toi en Dieu et n'obéis ni aux renégats ni aux hypocrites !" (la sourate Ahzab-les confédérés-, le verset 1).

6 - Quelquefois le Prophète devenait hâtif et citait des paroles comme versets coraniques, avec lesquels ses conseillers (Gabriel) n'étaient pas d'accord. Dans de tels cas, on l'invitait à demander à Dieu d'enrichir ses connaissances afin qu'il n'énonce pas de propos impertinents.

" Pour élever tes propos en versets du Coran, ne te hâte pas avant que la révélation ne t'arrive, et dis-toi constamment : Mon Dieu augmente ma connaissance!" (la sourate Tâ Hâ, le verset 114).

Ahmad ( Prophète)! Ici, le bien n'a pas de valeur
Il faut un coeur plein d'amour, de peine et d'amertume
Le non voyant perspicace est venu, ne sois pas réticent
apprends-lui qu'il le mérite "Mowlana"

7 - Une fois, à la suite des exigences des Quoriche, le Prophète voulut tenir des réunions particulières, durant lesquelles les musulmans pauvres n'auraient pas été présents. En effet les Quoriche notables disaient : O Mohammad ! Nous faisons partie de la noblesse des Quoriche, comment veux-tu que nous participions à tes réunions en nous asseyant à coté de pieds nus, et