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Suite à la
condamnation de Hachem Aghajari , député iranien qui avait critiqué
l’islam et les ayatollahs en citant des paroles tirées du livre
religieux et rationaliste écrit par Mr ABBASI,
beaucoup de manifestations ont été organisées par des étudiants, la
semaine dernière en Iran.
2000 étudiants étaient présents à
l’université de Téhéran pour manifester contre la condamnation à
mort de l’intellectuel Hachem Aghajari pour blasphème. Ils ont dénoncé « la mort de la pensée » et « l’emprisonnement de la liberté ». Il s’agit de la plus grande
contestation étudiante depuis celle de juillet 99 sévèrement réprimée
par les autorités. Mais cette fois, la police est restée à l’écart,
seulement présente à l’entrée de la faculté. Le lendemain, 5000 étudiants ont défilé sur le
campus en se tenant par la main et chantant « ey iran » , un
chant patriotique de l’époque du régime du chah tout en appelant le
président à démissionner.
Mohammad Khatami s’est exprimé pour la 1ère fois depuis
la condamnation. Il a jugé le verdict « inapproprié »
estimant qu’il n’aurait « jamais dû être prononcé ».
Il a aussi invité les étudiants au calme. Mais loin de s’arrêter,
le mouvement s’est étendu aux universités de province même si
l’intervention du Guide Suprême Khameneï est à redouter. Mr
Aghajari avait
été interpellé en août dernier, après avoir remis en question, lors
d’une conférence à huis clos, une interprétation rigide de la
religion et estimé que les fidèles ne devaient pas suivre aveuglément
les enseignements des clercs. C’est
un proche du président Mohammad Khatami et aussi un des dirigeants de
l’organisation des Moudjahidines de la révolution islamique. Avant
d’être exécuté, il devra purger une peine de 7 ans de prison et
subir 74 coups de fouet. Il sera également interdit d’enseignement
pendant 10 ans. Toutefois
l’avocat de Mr Aghajari entend faire appel dans les 20 jours, conformément
à la loi iranienne, même si la condamnation s’avère confirmée. Mr Aghajari est, en outre, un député du parlement iranien et rescapé de la guerre Iran / Irak. Il y a été mutilé à la jambe et perdu plusieurs membres de sa famille. Ceux-ci étaient considérés comme membres de la fondation de martyrs iraniens, qui ont beaucoup donné et fait pour le régime iranien depuis 15 ans. Hashem Aghajari a été libéré récemment mais son dossier n'est pas totalement fermé. Il risque toujours d'être assassiné par les fous de Dieu. En même temps beaucoup d'intellectuels, journalistes, écrivains iraniens sont sous la pression du pouvoir des Ayatollahs. Monsieur Tabarzadi, chef des étudiants contestataires, suite à une grève de la faim en prison, risque sa vie. |
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