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ABBASI (Siyavash
Awesta)
Entretien avec
Pierre Henry
(Directeur Général
de France Terre d’Asile)
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Pendant
plus de 30 ans Monsieur ABBASI, grâce à ses émissions
télévisées et radiophoniques, a interviewé plusieurs
dizaines de personnalités internationales… Voici l’une
d’entre elles ! |
David ABBASI :
Je reçois Monsieur Pierre Henry, Président Général de France Terre
d'asile qui a déjà été notre invité plusieurs fois par le passé.
Monsieur Pierre Henry bonsoir et comment allez-vous?
Pierre Henry :
Je vais très bien.
David ABBASI :
Qu'avez vous à dire sur l'actualité ?
Pierre Henry :
Il y a beaucoup de choses à dire qu'il s'agisse de la campagne
présidentielle ou qu'il s'agisse des thèmes qui sont relatifs à
notre organisation et je pense que nous en parlerons.
David ABBASI :
Nous allons commencer par Paris. Nous ferons un tour des douze
candidats aux élections présidentielles. Cette année c'est un peu
délicat car déjà il y a d'un côté des personnes uniques comme José
Bové et à Droite on peut presque dire qu'il n'y a qu'un seul
candidat. Pour la Gauche, il y en a sept. Parmi les quatre
principaux candidats avant de parler de votre idée qui est
différente de la réalité des choses que pensez-vous qu'il va se
passer le 22 avril prochain?
Pierre Henry : Je ne suis pas devin et même les instituts de
sondage sont extraordinairement prudents sur ce qui va se passer. Je
ne vous ferais pas de pronostics et en plus les commentaires je peux
les faire, je l'ai déjà fait en tant que citoyen puisque
l'organisation que je dirige n'a pas a se prononcer formellement sur
un candidat ensuite vous l'avez dit vous-même il y a sept candidats
qui sont répertoriés comme étant à Gauche, quatre qui sont à Droite.
Un débat qui est promis pour le second tour entre le candidat de l'UMP
et la candidate du Parti Socialiste. Voilà où nous en sommes. J'ai
l'impression surtout que cette campagne est marqué par un climat
extraordinairement volatil. Les thèmes ont véritablement du mal à
s'installer dans la campagne et j'ai l'impression que depuis des
mois nous assistons aux réalités, à un espèce de zapping et on
s'arrête pas véritablement sur les choses. Il y a beaucoup
d'anecdotes, d'éléments factuels mais on sent pas cette campagne
avec un thème majeur. Y a deux jours c'est le problème de la
sécurité qui semble revenir, y a cinq jours c'était celui de
l'immigration, avant c'étaient les petites phrases d'un tel ou d'un
tel et en réalité ce qui fait le cœur de l'angoisse de notre pays
c'est à dire la question sociale, curieusement n'est pas abordée. Un
adhérent n'est pas obligatoirement un militant ce qui se retrouve
sur le terrain. Bon on verra bien si Ségolène Royale avait eu raison
de s'affranchir dés la premier tour du Parti Socialiste. Il semble
que les sondages lui donnent raison mais il faudra pousser l'analyse
également car il y a eu 2002, le traumatisme à Gauche et son
élimination donc je crois qu'il y a dans les têtes des électeurs de
Gauche la volonté de ne pas reproduire ce qui s'est passé en 2002 et
donc de voter utile. De ce point de vue, je pense que Ségolène
Royale fera un score très important dés le premier tour et puis
d'une certaine manière je dirais que la fonction créée aussi la
compétence. De nombreux thèmes doivent être débattus mais il faut
avoir le temps de s'y arrêter.
David ABBASI :
Monsieur Pierre Henry, Président Général de France Terre d'Asile, le
vote utile depuis ce matin subit une critique des candidats de
Gauche. Dominique Voynet, Arlette Laguiller et d'autres n'y adhèrent
pas. Mais du côté de la Droite, le vote utile ne peut-il pas jouer ?
Je pense que Le Pen aura moins de voix qu'en 2002 car Sarkozy a
récupéré une grande partie des ses idées et surtout c'est un homme
d'action. Mais à Gauche si on commence à critiquer le vote utile à
votre avis de devraient-ils pas régler ce problème dés maintenant. A
droite, Sarkozy n'a pas beaucoup de concurrents, pourquoi la Gauche
ne l'a pas fait à votre avis ?
Pierre Henry :
Je crois que les électeurs du Front National sont ceux qui se
cachent le mieux dans l'avant période électorale d'aller dans les
urnes et je ne suis pas certain que le score de Jean-Marie Le Pen
sera significativement minoré par rapport à celui de 2002. Ce qui
est certain est que le candidat de l'UMP, a priori modéré, multiplie
les déclarations et les clins d’œils à destination de l'électorat de
l'extrême droite ce qui lui pose un autre problème vis à vis de
l'électorat centriste car l'histoire du ministère de l'immigration
et de l'identité nationale est totalement une provocation et c'est
un clin d’œil vis à vis de l'extrême droite. Quelle funeste idée de
mettre immigration et identité nationale en face dans un pays qui
est métissé, c'est quoi, ce sont les valeurs de la République
Liberté Egalité Fraternité. De la même manière quand Nicolas Sarkozy
multiplie les rappels à l'ordre justifie n'importe quelle dérive y
compris dans les évènements de la garde du Nord ce qui lui permet de
taper très très fort sur la Gauche, je ne suis pas sûr qu'en se
déportant vers l'électorat de l'Extrême Droite, je ne dit pas qu'il
est d'Extrême Droite, je dit qu'il se déporte avec ses propos vise à
capter l'électorat d'Extrême Droite. Je ne suis pas sûr qu'il va se
poser un problème au second tour. Ensuite sur la Gauche, il y a
moins de candidat qu'en 2002. Après sur la Gauche, je vous rappelle
que le PRG représenté par Christiane Taubira et le MRC représenté
par Jean-Pierre Chevènement soutiennent cette fois-ci Ségolène
Royale. Ils étaient très faibles. Je ne crois pas David, ils
représentaient près de 8%. Ensuite la LCR a toujours été là. Le PC a
toujours eu un candidat, la parti des travailleurs aussi. Bon il y a
José Bové qui arrive dans le paysage qui représente une Gauche
radicale, la Gauche alter-mondialiste qui ne dépassera pas 2% et qui
joue un mauvais tour à Dominique Voynet. Le problème le plus
préoccupant c'est l'effondrement durable, constaté du Parti
Communiste ce qui fait que le total des voix de Gauche ou à la
Gauche de la Gauche fait 12% et l'addition des voix du Parti
Socialiste plus celles de la Gauche de la Gauche fait 40%, c'est
bien ça le problème... et la question de l'alliance. Il faudra
laisser les états majors se débrouiller avec cette question et faire
les propositions qui feront l'assentiment des Français.
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